La Société Générale connaissait les agissements de Jérôme Kerviel

18/05/15 à 10:15 - Mise à jour à 10:15

Source: Belga

La responsable policière de l'enquête sur la perte de 4,9 milliards d'euros subie par Société Générale début 2008 a fait état à un juge d'éléments qui établiraient que des dirigeants de la banque française connaissaient les agissements de l'ex-trader Jérôme Kerviel, selon le site d'information français Mediapart.

La Société Générale connaissait les agissements de Jérôme Kerviel

© Reuters

Ex-commandante au sein de la police financière, Nathalie Le Roy, entendue en avril dans une enquête pour "escroquerie au jugement", "faux" et "usage de faux" ouverte en 2014, a évoqué le témoignage d'un ancien salarié de Société Générale, a rapporté Mediapart dimanche.

Opérant au sein de l'entité "risques opérationnels" de la banque, il a assuré à l'enquêtrice que "l'activité de Jérôme Kerviel était connue" et affirmé avoir alerté dès avril 2007 plusieurs dirigeants par le biais d'un courriel "avec une tête de mort pour attirer leur attention".

En dépit de plusieurs tentatives, dont une réquisition judiciaire auprès de la banque restée lettre morte, Mme Le Roy n'a pu mettre la main sur ce message électronique, explique Mediapart.

"A l'occasion des différentes auditions et des différents documents que j'ai pu avoir entre les mains, j'ai eu le sentiment puis la certitude que la hiérarchie de Jérôme Kerviel ne pouvait ignorer les positions prises par ce dernier", a-t-elle cependant dit au juge, selon le site.

La Société générale a réagi dans la nuit de dimanche à lundi en disant "s'étonner" de ces informations. Elle a fait valoir que la justice française avait à plusieurs reprises "reconnu la culpabilité pénale exclusive" de l'ex-trader.

Jérôme Kerviel avait exposé la banque à hauteur de 50 milliards d'euros lorsque l'affaire a éclaté en janvier 2008.

Jérôme Kerviel a été reconnu coupable d'avoir dissimulé ses prises de risques sur des produits financiers dérivés et définitivement condamné en mars 2014 à cinq ans de prison, dont trois ferme.

Libéré en septembre 2014 après 112 jours de détention, il purge sous bracelet électronique le solde de sa peine.

La Cour de cassation a en revanche cassé l'an dernier le volet civil de son jugement, qui lui imposait le paiement de 4,9 milliards de dommages et intérêts à Société générale. Un nouveau procès civil doit se tenir en 2016 pour établir la répartition des responsabilités dans cette perte, la banque ayant reconnu avoir failli sur le plan des contrôles.

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