La privatisation de Belfius sur la table du gouvernement

14/04/17 à 08:00 - Mise à jour à 09:59

Source: Belga

Le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) déposera sur la table du kern après les vacances une note qu'il a préparée sur la privatisation de Belfius.

La privatisation de Belfius sur la table du gouvernement

Johan Van Overtveldt © Belga

En interne, le comité de direction se réunira mercredi pour fixer ses priorités parmi les scénarios possibles. Le conseil d'administration fera de même jeudi, rapportent vendredi les quotidiens L'Echo et De Tijd.

En février dernier, le management de Belfius avait indiqué qu'il verrait d'un bon oeil que la banque, détenue à 100% par l'Etat belge, soit partiellement privatisée dans les deux ans à venir. Le management de la banque s'attend à la mise en Bourse de 30% minimum.

La décision revient toutefois au gouvernement fédéral. Ce dernier semble déjà acquis à l'idée de réduire sa participation dans Belfius, sans renoncer à la majorité, ce qui permettrait de récupérer les quatre milliards d'euros que l'Etat a décaissés fin 2011 pour sauver la banque, en pleine débâcle Dexia, détaille l'Echo.

L'introduction en Bourse n'est toutefois pas la seule option. Le gouvernement examine aussi la possibilité de vendre un bloc du capital à un ou plusieurs investisseurs. Selon les quotidiens, l'assureur américain New York Life serait intéressé. Il est toutefois probable que le gouvernement préfère un investisseur belge, ajoutent-ils, en précisant que le ministre n'exclut aucune piste.

À nouveau séduisante

Cinq ans après son rachat par l'État, l'ex-Dexia est en effet redevenue une banque qui a de quoi attirer les investisseurs. D'abord parce qu'elle a retrouvé le chemin des profits depuis longtemps, terminant 2016 sur un nouveau résultat net en hausse à 535 millions d'euros (+ 6%). Ensuite parce qu'elle a allégé son lourd héritage de Dexia (legacy) et que son modèle de bancassurance fonctionne bien. Au point que certains estiment aujourd'hui que Belfius vaudrait le double des 4 milliards mis sur la table en 2011 par l'État.

Dans ce contexte, le gouvernement semble avoir mis de l'eau dans son vin par rapport à un maintien de Belfius dans le giron de l'État. C'est que revendre le groupe dirigé par Marc Raisière à un acteur étranger reviendrait à nouveau à céder un centre de décision important. Quant à une fusion avec un autre grand réseau belge, il serait à coup sûr synonyme de bain de sang social. Raison pour laquelle la mise en Bourse et/ou la revente d'un bloc d'actions à un investisseur privé (asset manager, par exemple) sont aujourd'hui des options valables. D'autant que parmi les scénarios envisagés, l'État ne céderait qu'une partie de Belfius et resterait donc actionnaire majoritaire, histoire de continuer à encaisser une partie des beaux dividendes distribués par la banque (200 millions en 2016).

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