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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

08/03/18 à 15:02 - Mise à jour à 15:02

La leçon de cynisme des États-Unis et de ses banques

345 milliards de dollars, ce n'est pas mal comme somme... Il s'agit du total des amendes et autres transactions judiciaires qu'ont dû payer les banques depuis l'éclatement de la crise des "subprimes" en 2008.

La leçon de cynisme des États-Unis et de ses banques

© Reuters

En dix ans, 345 milliards de dollars, c'est évidemment énorme comme rendement. Les plus malicieux diront que ce n'est que justice. Pour vous donner une idée, ce montant est supérieur à la richesse produite en un an par un pays comme l'Afrique du Sud ou un pays industrialisé comme le Danemark ! C'est presque autant que la totalité de la dette publique belge. Et qui a profité de ces amendes infligées aux banques, me direz-vous ? Bien entendu, les clients lésés, mais surtout le régulateur et le trésor américains. Sur les 345 milliards de dollars, l'Europe n'a récolté qu'un très maigre 22 milliards.

Et c'est là que la morale est mal prise, car souvenez-vous, si nous payons encore le prix de la crise des subprimes dix ans plus tard, ce n'est pas à cause de l'Europe ou même des banques européennes, non, c'est à cause des États-Unis. C'est bien aux USA que la créativité sans borne, et sans foi ni loi, des financiers américains a donné naissance à la pire crise depuis la crise de 1929. C'est la faillite de la banque américaine Lehman Brothers qui a servi d'effet de domino à la propagation de la crise en Europe et en Asie. Alors, soyons de bon compte, toutes les banques européennes n'ont pas été des saintes non plus, mais la réalité, elle est là: la crise actuelle a été initiée aux États-Unis et par des acteurs américains. Mais au final, que constate-t-on ? Que les amendes sur les banques profitent surtout aux caisses de l'État américain.

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En termes de pragmatisme, les Américains sont hélas bien plus forts que nous !

En plus, les Américains ont été plus malins - certains diront plus cyniques. Plutôt que de réglementer davantage le secteur bancaire, ils l'ont ponctionné. Résultat: les banques américaines ont payé les amendes, mais elles n'ont pas les mêmes carcans que les banques européennes. Bref, elles sont moins surveillées et réglementées qu'en Europe. C'est ce qui leur permet aujourd'hui d'être nettement plus grosses que les banques du vieux continent.

Pire encore, ce sont les banques US qui imposent aujourd'hui le tempo dans le monde bancaire. La morale de cette affaire est donc qu'il n'y a pas de morale, juste du pragmatisme. Et sur ce point, les Américains sont hélas bien plus forts que nous !

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