La France sort de la récession mais l'emploi ne repart pas

14/08/13 à 10:08 - Mise à jour à 10:08

Source: Trends-Tendances

La France est sortie de la récession au deuxième trimestre avec un rebond de l'activité de 0,5%, plus important qu'attendu, dans lequel le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a vu des "signes encourageants de reprise", mais le marché de l'emploi s'est encore dégradé.

La France sort de la récession mais l'emploi ne repart pas

© AFP

L'Institut national de la statistique et des études économiques a annoncé mercredi dans une première estimation que le produit intérieur brut (PIB) avait progressé de 0,5% au deuxième trimestre, après deux trimestres successifs de repli (-0,2% fin 2012 et début 2013) qui avaient techniquement plongé le pays dans la récession.

Il s'agit du sursaut le plus important depuis le premier trimestre 2011, a indiqué l'Insee. Mais la sortie de la récession n'implique pas automatiquement la reprise des embauches: l'Insee a parallèlement annoncé un net repli de l'emploi salarié (-27.800 postes) sur cette même période.

La dégradation de l'emploi s'est donc accentuée, après une baisse de 8.300 les trois mois précédents, ce qui continue d'augurer mal de l'inversion de la courbe du chômage d'ici la fin de l'année, toujours promise par l'exécutif.

Fin juin, selon le ministère du Travail, la France comptait 4,799 millions de demandeurs d'emploi, dont 3,279 millions sans aucune activité.

Dans ses dernières prévisions, fin juin, l'Insee tablait sur une progression du PIB de 0,2% au deuxième trimestre, puis une stabilisation au troisième et un léger sursaut de 0,1% au quatrième.

Mais alors qu'il avait jusqu'ici annoncé une légère récession de 0,1% sur l'année 2013, il a estimé mercredi que l'acquis de croissance généré par ce sursaut de l'activité au deuxième trimestre était de +0,1%. Ce qui signifie que si la croissance devait être nulle au deuxième semestre, l'année s'achèverait en territoire modestement positif de 0,1%.

Le chiffre de 0,5%, "supérieur aux prévisions disponibles, confirme la sortie de récession de l'économie française, que laissaient déjà entrevoir les dernières enquêtes de conjoncture et les chiffres récents de la production industrielle, de la consommation des ménages et du commerce extérieur", a immédiatement réagi M. Moscovici dans un communiqué.

"Il amplifie les signes encourageants de reprise déjà soulignés précédemment", a-t-il estimé, attribuant "le redémarrage de l'activité" à "une amélioration de la conjoncture européenne et un raffermissement de la demande intérieure".

Ce sursaut est en effet selon l'Insee largement lié à la demande intérieure finale (hors stocks) qui génère 0,3 point du 0,5 point de croissance du trimestre. Les variations de stocks des entreprises contribuent par ailleurs pour 0,2 point à ce rebond de l'activité. L'impact du commerce extérieur est cette fois-ci neutre sur la croissance.

Dans le détail, plusieurs facteurs se sont conjugués pour atteindre une telle hausse. La consommation des ménages a accéléré de 0,4% au deuxième trimestre (-0,1% au premier) tandis que l'investissement a diminué moins fortement qu'en début d'année (-0,5% après -1,0%).

Dans le même temps, la production totale des biens et services a retrouvé quelques couleurs, se redressant de 2% dans le secteur manufacturier, portée par le rebond de la production de matériel de transport (+8,2%) dans les industries automobiles et aéronautiques, et de 0,7% dans les services.

Les dépenses des ménages sont restées soutenues dans l'énergie, en raison d'un printemps maussade, et d'une reprise des achats automobiles (+2,1% après -5,5%) pour la première fois depuis fin 2011, a encore expliqué l'Insee.

Depuis un mois, le président François Hollande et son ministre de l'Economie n'avaient cessé de le répéter au vu des publications successives de plusieurs indicateurs: la reprise "est là". "Nous devons tout faire pour accompagner ce mouvement", a souhaité M. Hollande, qui était resté néanmoins prudent sur l'ampleur que pourrait prendre une éventuelle reprise.

De fait, alors que Bercy avait jusqu'alors conservé sa prévision de 0,1% de croissance en 2013, Pierre Moscovici avait semblé revoir ce chiffre à la baisse samedi. "Je proposerai de nouvelles prévisions de croissance le 25 septembre, à l'occasion de la présentation du projet de loi de finances mais nous connaissons les tendances et, cette année, la croissance sera faible voire étale, entre moins 0,1 et plus 0,1", avait-il déclaré dans un entretien à Nice-Matin.

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