La BCE pourrait assouplir sa politique... en juin

08/05/14 à 16:28 - Mise à jour à 16:28

Source: Trends-Tendances

Exceptionnellement, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) s'était réuni ce jeudi à Bruxelles. Le président de la BCE, Mario Draghi, s'est d'ailleurs réjoui de l'accueil bruxellois qualifié de "splendide"! Mais l'essentiel était ailleurs: la BCE allait elle se résoudre à prendre des mesures d'assouplissement monétaire comme les autres banques centrales (Japon, Fed, Banque d'Angleterre)?

La BCE pourrait assouplir sa politique... en juin

© reuters

A priori, pas encore. La BCE a décidé de laisser son taux directeur inchangé à 0,25% et de ne pas encore injecter de nouvelles liquidités dans le marché. Toutefois, l'institution a chargé son pistolet: "Nous sommes devrions décider le mois prochain, après avoir regardé les projections économiques que notre staff réalisera début juin", a répondu Mario Draghi lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion des gouverneurs de la BCE.

Reste que le président de la BCE a parlé de son "inquiétude" et de son "inconfort" face à la situation actuelle de basse inflation prolongée. Une situation qui selon de nombreux observateurs peut faire craindre à une entrée de l'Union européenne en déflation. Le président de la BCE a également exprimé sa "sérieuse inquiétude" face au renforcement de l'euro sur le marché des changes, une parité très importante pour la stabilité des prix et la croissance dans la zone euro, ajoute-t-il, soulignant qu'il "n'est pas heureux" de cette situation.

Mario Draghi a énuméré plusieurs risques auxquels la zone euro pourrait être confrontée: le risque géopolitique, en Ukraine, en Russie, ... Ainsi, 160 milliards d'euros semblent avoir quitté la Russie depuis le début de la crise ukrainienne, un flot qui est allé se réfugier en obligations d'Etat occidentaux et qui explique sans doute en partie la baisse des taux des obligations d'Etat de la zone euro, ajoute Mario Draghi. Autre risque qui pourrait peser sur l'économie européenne: une faiblesse de la demande mondiale et un taux de change défavorable pour l'euro.

Mario Daghi est revenu sur les causes derrière la faible inflation qui inquiète tant. Une partie importante est due à la faiblesse des prix de l'énergie et de l'alimentation, dit-il. Mais il ajoute la faiblesse de la demande domestique et le taux de change de l'euro peuvent être d'autres facteurs explicatifs. La BCE regarde aussi attentivement le lien l'octroi de crédit aux entreprises (un flux encore baissier, mais moins qu'avant) car il existe un lien entre les flux de crédit et la croissance, souligne le patron de la BCE.

Tout cela fait dire au président de la BCE que les pays européens ne doivent pas relâcher leur effort de réformes structurelles et leur effort budgétaire. Et Mario Draghi de donner rendez-vous lors du prochain conseil des gouverneurs de la BCE. Peut-être alors le taux directeur européen atteindra-t-il zéro.

Pierre-Henri Thomas

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