La BCE n'a pas l'intention de relever ses taux

06/04/17 à 12:18 - Mise à jour à 12:17

Source: Belga

La Banque centrale européenne n'a pas l'intention de relever ses taux d'intérêt avant la fin de son programme d'achats d'actifs, a déclaré jeudi son président, en réaction à des spéculations sur un changement de cap monétaire.

La BCE n'a pas l'intention de relever ses taux

Mario Draghi © Reuters

"Nous ne sommes pas encore parvenus à un stade où la dynamique de l'inflation peut s'auto-entretenir sans le soutien de la politique monétaire", a estimé Mario Draghi lors d'une conférence organisée à Francfort.

Afin de soutenir une inflation jugée trop basse et de relancer la croissance en zone euro, la BCE a fixé depuis 2014 ses taux d'intérêt à leur plus bas niveau historique et a lancé en mars 2015 un programme de rachats massifs de dettes surnommé "QE", qui a porté à ce jour sur près de 1.800 milliards d'euros.

Lors de sa réunion de mars, l'institution gardienne de l'euro avait réaffirmé que les taux directeurs devaient rester "à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas sur une période prolongée, et bien au-delà de l'horizon fixé pour nos achats nets d'actifs", horizon pour le moment fixé à fin décembre, ou au-delà si nécessaire.

Le taux d'intérêt devrait donc rester très faible et ne pas subir de courbe ascendante encore un bon bout de temps. La reprise économique et l'inflation en progression dans la zone euro (2% en février avant de retomber à 1,5% en mars) ont alimenté ces derniers mois les spéculations sur un écartement de la BCE de cette trajectoire.

Bien que l'économie semble emprunter un "cycle vertueux entre hausse de la consommation, croissance de l'emploi et revenus du travail", "il est trop tôt pour crier victoire", a indiqué le président de la BCE. Les "risques géopolitiques" continuent de menacer la reprise et l'inflation dépend toujours des interventions massives et concomitantes de la banque centrale dans l'économie, a-t-il poursuivi.

Les taux bas pour les épargnants jouent un rôle important dans l'amélioration de l'environnement financier au sein de la zone euro, selon Mario Draghi. Les effets secondaires négatifs restent en outre limités et cette politique a amené un très net "assouplissement des conditions financières", assure-t-il, répondant aux critiques, venant surtout d'Allemagne.

Combinées à des octrois de crédit à long terme à taux très bas pour les banques, les mesures de la BCE ont, selon lui, permis de stimuler la croissance et d'éloigner le risque de déflation en zone euro, aidées par le coup de pouce induit par la baisse des prix du pétrole.

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