"La BCE a un pouvoir et je le définis comme un pouvoir arrogant"

20/04/16 à 11:03 - Mise à jour à 11:02

Source: Belga

L'administrateur délégué de la banque italienne Banco Popolare a accusé mardi la BCE d'avoir "un pouvoir arrogant", alors que l'augmentation de capital qu'elle lui a imposée dans le cadre de sa fusion avec BPM a contribué à la chute du titre en Bourse.

"La BCE a un pouvoir et je le définis comme un pouvoir arrogant"

Mario Draghi © Reuters

"Ils n'ont pas laissé d'alternative à l'augmentation de capital et donc après deux mois durant lesquels j'ai dit que nous n'en ferions pas, pour la première fois de ma carrière, j'ai dû perdre la face", a affirmé Pier Francesco Saviotti.

"Maintenant nombreux sont ceux qui pensent qu'il y a quelque chose qui ne va pas, étant donné que la BCE (Banque centrale européenne) a été si sévère", a-t-il dénoncé à l'occasion d'un congrès d'un syndicat du secteur bancaire.

"Mais nous sommes la même banque qui, il y a six mois, valait 13 euros l'action. Maintenant, elle n'en vaut que six, en raison de l'irrationalité du marché et aussi de la façon dont ces messieurs (de la BCE, ndlr) se sont présentés", a-t-il insisté.

"Je prends acte que la BCE a un pouvoir et je le définis comme un pouvoir arrogant. Mais ce sont eux qui commandent et nous ferons ce qu'il faut", a-t-il précisé.

Le conseil d'administration de Banco popolare a donné le 1er avril son feu vert à l'augmentation de capital d'un milliard d'euros, annoncée le 23 mars en même temps que le projet de fusion avec Banca popolare di Milano (BPM).

Cette augmentation de capital était une exigence du superviseur bancaire européen (MES), qui travaille sous l'égide de la BCE, pour donner son feu vert à la fusion. Le MES exigeait la démonstration que le patrimoine de la nouvelle entité soit suffisant au regard des crédits en souffrance.

Depuis le 23 mars, le titre de Banco popolare a connu de nombreuses séances de baisse. La banque, comme les autres établissements financiers italiens, avait déjà plongé en début d'année en raison des inquiétudes autour des créances douteuses et de retards dans la consolidation du secteur bancaire italien, très éclaté.

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