La Banque du Japon ajuste sa politique monétaire, la Bourse de Tokyo décolle

21/09/16 à 10:57 - Mise à jour à 12:32

Source: Afp

La Bourse de Tokyo a terminé en forte hausse mercredi tandis que le yen se repliait, après l'annonce par la Banque du Japon (BoJ) d'une série d'ajustements à sa politique monétaire ultra-accommodante.

La Banque du Japon ajuste sa politique monétaire, la Bourse de Tokyo décolle

/ © Reuters

A l'issue des échanges, le Nikkei des 225 valeurs vedettes a affiché un gain de 1,91% (+315,47 points) à 16.807,62 points. L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a pour sa part progressé de 2,71% (+35,70 points) à 1.352,67 points.

Sur le volet des changes, la monnaie nippone s'est nettement affaiblie, les cambistes anticipant un recul du yen du fait de la décision de la BoJ de poursuivre ses injections massives de liquidités dans le circuit monétaire.

Au moment de la fermeture (06h00 GMT), le dollar se situait ainsi à 102,57 yens, contre 101,65 yens en début de matinée, tandis que l'euro remontait à 114,20 yens, contre 113,38 yens.

Un geste envers les banques, au risque de brouiller les pistes

La Banque du Japon (BoJ) a fait un geste mercredi envers les banques en adoptant un cadre plus flexible destiné à limiter les effets négatifs de sa politique ultra-accommodante, au risque toutefois de brouiller les pistes.

Son gouverneur Haruhiko Kuroda avait promis fin juillet de rendre des comptes, trois ans après le lancement d'une audacieuse offensive monétaire. C'est chose faite et le combat continue, a-t-il promis lors d'une conférence de presse, répétant que la banque centrale n'hésiterait pas à assouplir sa politique si besoin pour atteindre l'objectif d'inflation de 2%.

En revanche, l'institution a pris acte des effets secondaires de son action qui a tiré vers le bas les rendements des titres financiers à long terme, heurtant la rentabilité des banques tout en affectant par richochet les pensions de retraite et assurances vie.

"Un repli excessif peut avoir un impact négatif sur l'activité économique en conduisant à une dégradation du moral" des consommateurs, a souligné la BoJ. De ce fait, elle a décidé de réorienter sa politique ultra-accommodante pour tenter de prévenir un déclin trop prononcé du rendement des obligations à 10 ans. Le but est qu'il "se maintienne autour de 0%", a-t-elle précisé.

Dans la foulée du communiqué, le rendement de ces titres repassait en territoire positif pour la première fois depuis mars, grimpant à 0,005%.

Concrètement, le programme de rachats d'actifs, auparavant fixé à 80.000 milliards de yens (690 milliards d'euros) par an, pourra désormais fluctuer autour de ce montant, avec moins d'achats de titres à très long terme dans le souci de contrôler "la courbe de rendement" des obligations.

Dans une optique de court terme, le taux d'intérêt négatif - une pénalité imposée aux banques qui déposent trop d'argent auprès de la banque centrale pour les inciter à prêter aux entreprises et aux particuliers - reste pour sa part inchangé à -0,1%.

Si la BoJ avait promis d'améliorer sa communication, cette publication a laissé nombre d'observateurs perplexes.

Pour Martin Schulz, économiste chez Fujitsu Research Institute, "tout cela est très sensé, mais sera très difficile à réaliser".

"Au final, la BoJ a réussi à se donner plus de flexibilité, mais au risque de créer un cadre bien trop compliqué. Si elle a effectivement surpris, le constat reste le même: il n'y a pas grand chose pour vaincre l'état d'esprit déflationniste", ont jugé les analystes de Mizuho Securities.

Même scepticisme du côté de Michael Hewson, chez CMC Markets. "Si ces actions peuvent aider les banques, elles ne soutiendront probablement pas l'économie japonaise, et d'une certaine manière le fait que la politique de la BoJ devienne aussi expérimentale montre le peu de marge de manoeuvre dont elle dispose", a-t-il réagi dans une note.

A l'image de la Banque centrale européenne (BCE), le gouverneur Kuroda a innové à la tête de la Banque du Japon en usant de toute une palette d'outils non conventionnels. Mais l'enthousiasme du début, avec l'affaiblissement du yen, des profits records des entreprises exportatrices et une inflation frémissante, s'est évanoui.

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