"L'opacité a augmenté sur les marchés !"

29/03/10 à 14:56 - Mise à jour à 14:56

Source: Trends-Tendances

Selon Dominique Cerutti, CEO adjoint de Nyse Euronext, l'opacité sur les marchés, loin de s'améliorer, s'est accrue ces deux dernières années. "Sur le seul marché des actions, elle a doublé en deux ans !", indique-t-il dans une interview aux "Echos".

Si "les régulateurs s'accordent sur la nécessité d'améliorer le cadre actuel et de renforcer la transparence et la régulation des marchés", ils accomplissent "un travail difficile qui nécessite un effort de coordination internationale sans précédent", estime Dominique Cerutti, deputy CEO de Nyse Euronext, dans une interview au quotidien français Les Echos.

Le projet s'avère en effet difficile, puisqu'il consiste à "offrir plus de sécurité sans pour autant sur-réguler, ajoute-t-il. Si je prends l'exemple du secteur des marchés financiers, je constate que le vrai débat commence à être posé : celui entre opacité et transparence. Car, loin de reculer, l'opacité a augmenté significativement depuis deux ans sur les marchés. Sur le seul marché des actions, elle a doublé en deux ans. Les transactions de gré à gré représentent aujourd'hui plus de 40 % de l'activité. Cette part est très largement supérieure pour l'ensemble des produits financiers échangés chaque jour sur la planète."

A l'origine de cette amplification : l'introduction, "il y a deux ans, de la directive européenne MIF" (marchés d'instruments financiers), qui "a complètement changé les règles du jeu, jusqu'alors plutôt favorables aux Bourses traditionnelles qui bénéficiaient d'une situation de quasi-monopole", avance encore le patron adjoint de Nyse Euronext.

Cette directive affichait pourtant des buts louables : la baisse des coûts d'exécution et des coûts d'accès au capital, reprend-il. Ceci dit, "en se concentrant uniquement sur la concurrence et la baisse des tarifs de l'exécution et de la compensation, la directive MIF nous a plongés dans un environnement concurrentiel sans équivalent dans aucune autre industrie. Et ce, tout en créant une série de phénomènes potentiellement dangereux et de distorsions suscitées par une fragmentation incontrôlée du marché."

Autre travers de la directive MIF : de nombreux émetteurs regrettent d'ignorer qui détient leurs titres. "Je les comprends, répond Dominique Cerutti. C'est directement lié à la fragmentation des marchés née de la directive MIF. Elle n'a profité ni aux sociétés cotées ni même aux investisseurs finaux. Cela milite en faveur d'une plus grande transparence et d'une meilleure régulation des marchés."

Trends.be

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