"L'Espagne a remplacé la Grèce comme source de tous les maux"

30/05/12 à 10:56 - Mise à jour à 10:56

Source: Trends-Tendances

"L'Espagne semble avoir remplacé la Grèce, au moins pour l'instant, comme source de tous les maux et cela devrait continuer jusqu'aux élections grecques du 17 juin", indique un analyste. Incertitude et inquiétude pèsent sur les Bourses européennes mercredi.

"L'Espagne a remplacé la Grèce comme source de tous les maux"

© Reuters

Après la Grèce, les marchés s'inquiètent pour l'Espagne et ses banques

Les difficultés croissantes de l'Espagne et de ses banques, en particulier de Bankia, pesaient sur les Bourses européennes qui ont toutes ouvert sur une baisse significative mercredi matin. Paris a ainsi démarré sur un recul de 1,08 %, Londres de 0,74 % et Francfort de 0,56 %. Peu après l'ouverture, Madrid baissait de 1,12 % et Milan de 2,13 %. A Bruxelles, le Bel 20 cédait un peu plus d'un demi pour cent vers 10 h 00

L'euro accusait également le coup mercredi matin et s'échangeait à son niveau le plus bas depuis près de deux ans face au dollar. A 7 h 25 GMT, l'euro valait 1,2462 dollar contre 1,2503 dollar mardi vers 21 h GMT. La devise européenne était descendue brièvement à 1,2461 dollar mardi, son plus bas niveau depuis le 1er juillet 2010, avant de se reprendre.

Banques : "Le gouvernement espagnol perd chaque jour un peu plus de crédibilité"

La veille, l'espoir d'une intervention de la Banque centrale européenne avait soutenu les cours en Europe et à New York. Mais des articles du Wall Street Journal et du Financial Times, affirmant que la BCE s'oppose à l'idée de Madrid d'injecter des obligations souveraines dans Bankia (lire ci-après), qui pourrait les déposer auprès de l'institution monétaire en échange d'argent frais, ont douché mercredi matin l'optimisme.

Bankia, 3e banque du pays par les actifs, a besoin de 23,5 milliards d'euros, dont 19 restent encore à trouver, un casse-tête pour le gouvernement dont les marges de manoeuvre sont très réduites. "L'Espagne semble avoir remplacé la Grèce, au moins pour l'instant, comme source de tous les maux et cela devrait continuer jusqu'aux élections grecques du 17 juin", a estimé Chris Weston, analyste chez IG Markets.

"Le gouvernement espagnol perd chaque jour un peu plus de crédibilité quant à sa capacité à gérer la restructuration de son secteur bancaire, d'autant que la BCE aurait opposé une fin de non-recevoir aux propositions de recapitalisation de Bankia, nécessitant son intervention indirecte", ont aussi commenté les analystes du Crédit Mutuel-CIC en se référant à l'article du FT.

En outre, Miguel Ordonez, gouverneur de la Banque d'Espagne, a annoncé mardi soir son intention de quitter son poste le 10 juin, un mois avant la date prévue.

La BCE rejette le plan espagnol d'aide à Bankia

La Banque centrale européenne a rejeté le schéma de recapitalisation élaboré par le gouvernement espagnol pour Bankia, affirme le Financial Times, citant des responsables européens anonymes. Ce plan, consistant à apporter des obligations d'Etat à Bankia, afin que la banque puisse ensuite les présenter pour obtenir de l'argent frais auprès de la BCE, a été considéré comme "inacceptable", selon le quotidien.

Ce mode de recapitalisation serait assimilé à un financement de l'Etat espagnol par la BCE, ce qui est contraire à ses statuts, selon une des sources citées. Le Wall Street Journal indique de son côté que la BCE s'opposerait à un tel plan s'il lui était présenté, citant des sources également anonymes.

Bankia a besoin, pour se renflouer, de 23,5 milliards d'euros, dont 19 milliards restent encore à trouver. Une porte-parole du ministère de l'Economie a indiqué mardi que "la priorité est d'aller sur le marché", Madrid étant donc disposé à lancer une émission obligataire, malgré la tension actuelle, pour obtenir ces fonds.

Mario Draghi, président de la BCE, doit prononcer mercredi à Bruxelles un discours sur la stabilité financière, monétaire et la croissance. L'Espagne a été encore fortement bousculée mardi sur les marchés, qui continuent de douter de sa capacité à assumer seule ses engagements financiers alors qu'elle doit voler au secours de ses banques et de ses régions, en pleine récession.

Trends.be, avec Belga

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