L'emprunt populaire... le sera-t-il ?

25/07/13 à 13:01 - Mise à jour à 13:01

Source: Trends-Tendances

On l'évoque avec insistance depuis plus d'un semestre et le voilà enfin, ce grand emprunt populaire, officiellement appelé "prêt-citoyen thématique" . Le voilà au niveau des annonces en tout cas, l'émission étant attendue pour le 1er novembre.

L'emprunt populaire... le sera-t-il ?

© Thinkstock

L'idée de base est a priori séduisante : ces plus de 240 milliards d'euros que les épargnants belges s'entêtent à placer à court terme, sur les carnets de dépôt, seraient bienvenus pour financer (à long terme) la construction d'écoles et d'hôpitaux, notamment, ou encore pour accorder du crédit aux PME, elles qui ont aujourd'hui plus de peine à en obtenir. D'où cette idée d'inciter les Belges à investir leur épargne plutôt à long terme, moyennant un petit privilège fiscal, à savoir un précompte de 15 % au lieu de 25 %, sur les instruments retenus à cette fin, à savoir des bons de caisse, des comptes à terme et, ultérieurement sans doute, des produits d'assurance.

En réalité, rien n'empêche les banques de puiser dans l'argent des carnets de dépôt pour consentir du crédit à relativement long terme : c'est ce qu'elles font tous les jours ! La différence, c'est qu'avec ce prêt-citoyen thématique, l'argent récolté sera obligatoirement consacré au financement des "thèmes" prévus, qui sont autant de domaines dans lesquels les banques se montrent plus frileuses.

Le prêt-citoyen ne répond toutefois pas nécessairement à la principale contrainte qui affecte aujourd'hui les banques : il ne leur est plus possible de prêter à très long terme, soit sur 20 ans par exemple, a fortiori 30 ans. Or, c'est sur de pareilles durées que se conçoit le financement d'écoles et d'hôpitaux. La durée minimale de 5 ans annoncée pour le prêt-citoyen thématique semble dès lors très minimale ! Reste donc à voir comment les banques répondront à cette préoccupation. Et quels taux elles proposeront pour attirer le chaland. L'initiative est fort sympathique, sans doute, mais la messe n'est pas dite.

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