Irlande : volte-face risquée sur les dettes d'Anglo Irish Bank

16/06/11 à 15:24 - Mise à jour à 15:24

Source: Trends-Tendances

Le gouvernement irlandais compte faire cracher au bassinet les créanciers "seniors" d'Anglo Irish Bank. Et relance la crainte d'une panique générale vis-à-vis des emprunts émis par les banques d'autres pays fragiles de la zone euro.

Irlande : volte-face risquée sur les dettes d'Anglo Irish Bank

© Bloomberg

Le gouvernement irlandais a opéré une volte-face en annonçant qu'il voulait mettre à contribution les créanciers seniors d'Anglo Irish Bank, qu'il avait jusqu'ici épargnés, au risque, selon les analystes, d'entraîner un bras de fer avec la Banque centrale européenne.

En avril dernier, le gouvernement d'Enda Kenny, arrivé au pouvoir en début d'année, avait semblé résoudre l'épineuse question du "partage du fardeau" du sauvetage des banques avec les investisseurs privés. Les pertes colossales subies par les banques du pays ont contraint Dublin à les renflouer à hauteur de 70 milliards d'euros, dont une dernière rallonge de 24 milliards d'euros annoncée voici deux mois.

En dévoilant cette nouvelle rallonge destinée à quatre banques - Allied Irish Banks (AIB), Bank of Ireland, IL&P et EBS - le gouvernement avait dit qu'il chercherait à réduire la facture pour le contribuable en faisant peser une partie du coût sur les créanciers de ces établissements, qui ne récupéreraient qu'une partie de leur mise. Mais il s'était contenté de viser les créanciers dits "juniors", sans s'attaquer aux détenteurs d'obligations "seniors".

Les investisseurs détenant des dettes dites seniors bénéficient, à des degrés variables, d'une protection supérieure à ceux possédant des dettes juniors, dites aussi subordonnées, plus rémunératrices mais plus risquées.

Le gouvernement semblait ainsi avoir cédé aux pressions de la Banque centrale européenne, fermement opposée à l'idée de faire subir des pertes aux créanciers seniors, par crainte de créer une panique générale vis-à-vis des emprunts émis par les banques d'autres pays fragiles de la zone euro.

Trends.be, avec Belga

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