"Investisseurs, concentrez-vous sur les risques !"

20/12/11 à 20:44 - Mise à jour à 20:44

Source: Trends-Tendances

Si la crise européenne devrait être surmontée, prévoit l'économiste en chef d'ABN Amro, les conséquences de deux scénarios négatifs sont "si grandes qu'un investisseur se doit d'en tenir compte". Han de Jong livre son analyse pour 2012... et ses conseils pour bien investir.

"Investisseurs, concentrez-vous sur les risques !"

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Malgré la crise de la dette européenne, les problèmes du secteur bancaire et la pénurie de crédit, de nombreuses évolutions positives caractérisent le début de l'année financière 2012, si l'on en croit ABN Amro.

"Ainsi, les Etats-Unis ont vu leur croissance s'accélérer au deuxième semestre et les responsables politiques des pays émergents ont entre-temps élargi leurs moyens d'action, avance Han de Jong, économiste en chef au sein de la banque néerlandaise. L'inflation a également touché son point le plus haut, les entreprises se portent bien dans l'ensemble et le sentiment d'urgence semble monter du côté des responsables politiques européens."

Intégration ou désintégration : l'Union européenne doit choisir

Les développements en Europe sont déterminants pour l'économie mondiale, estime encore ABN Amro. Le stress au sein du système financier est énorme. L'Union européenne doit choisir entre approfondir son intégration ou emprunter la voie de la désintégration.

"L'impasse actuelle ne peut pas durer beaucoup plus longtemps ; autrement, nous courons le risque de rester embourbés dans cette situation, prévient Han de Jong. Si l'euro survit sous sa forme actuelle, une union budgétaire sera nécessaire. Celle-ci implique une responsabilité partagée des finances publiques, mais cela ne sera possible qu'avec la mise en place d'une discipline fiscale. Pour arriver à une telle union, il faudra passer par un processus de négociation complexe."

Le dernier sommet européen a marqué une nouvelle étape en ce sens, "mais certainement pas la dernière, juge l'économiste en chef. L'issue de ce sommet n'est en effet pas suffisante pour regagner la confiance des marchés financiers. Nous pensons néanmoins que l'on avance dans la bonne direction et que l'on finira par arriver à une union budgétaire, avec, à la clé, un rétablissement de l'économie européenne au cours du deuxième semestre de 2012 et de meilleurs rendements pour les actifs risqués."

Nous faisons face à deux dangers, prévient Han de Jong : "Premier scénario : les responsables politiques font bouger les choses dans le bon sens mais trop lentement, occasionnant ainsi des dégâts importants à l'économie réelle. Une récession très profonde s'ensuivrait, entraînant l'économie mondiale avec elle. Deuxième scénario : manque de volonté politique ou de soutien électoral pour mettre en place une union budgétaire. Dans ce cas, cela pourrait provoquer jusqu'à la chute de l'euro, qui entraînerait aussi une récession très profonde en Europe, qui aurait à son tour des répercussions sur l'économie mondiale."

Conseil aux investisseurs : concentrez-vous sur les risques !

Conclusion de Han de Jong : "Bien que nous partions du principe que la crise européenne sera surmontée, les conséquences de ces scénarios négatifs sont si grandes qu'un investisseur se doit d'en tenir compte. Parfois, un investisseur doit se concentrer davantage sur les risques que sur les opportunités. Nous pensons que la situation actuelle en est un parfait exemple."

C'est pourquoi ABN Amro a fortement sous-pondéré ses portefeuilles modèles en risque. "Nous avons beaucoup de liquidités nous permettant de réagir avec flexibilité au cas où la situation s'améliorerait soudainement. Nous avons également adopté une position défensive dans nos portefeuilles spécifiques. Ainsi, au niveau des actions, nous avons surpondéré nos placements dans les secteurs défensifs et sous-pondéré les secteurs industriels et financiers. Bien que les marchés des actions dans les pays émergents n'aient pas enregistré de résultats exceptionnels cette année, nous maintenons une position surpondérée sur ces marchés parce que nous continuons à croire en leur potentiel à plus long terme."

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