Indispensable de promouvoir l'épargne pour les bas revenus

17/12/13 à 15:05 - Mise à jour à 15:05

Source: Trends-Tendances

L'épargne totale ne cesse d'augmenter en Belgique mais il existe de grandes disparités entre les Belges, constate le Réseau Financement Alternatif (RFA) dans son rapport annuel sur l'inclusion financière. Le Réseau juge indispensable de promouvoir l'épargne pour les bas revenus.

Indispensable de promouvoir l'épargne pour les bas revenus

© Thinkstock

En Belgique, "20% des riches concentrent 61% du patrimoine total (actifs réels et financiers), alors que les 20% les plus pauvres ne concentrent que 0,2% de celui-ci. Il est indispensable de promouvoir l'épargne pour les personnes précarisées d'autant qu'une étude européenne montre que celles-ci sont tout à fait en capacité de mettre de l'argent de côté si des incitants sont mis en place", souligne le Réseau Financement Alternatif dans un communiqué.

Il existe bien des initiatives -16 en Belgique- encourageant les personnes à bas revenus à épargner mais le Réseau estime que les mesures existantes au niveau du cadre légal "ne ciblent pas adéquatement le public fragilisé" et que "l'utilisation d'incitants fiscaux à l'épargne (socialement inéquitables) ne constitue pas un argument pour les ménages à revenus précaires." Pourtant, souligne le RFA, "l'épargne a un rôle à jouer auprès des populations vulnérables comme mode de prévention de situations de surendettement et comme alternative à l'usage inapproprié de crédits".

Le rapport du RFA s'est également penché sur le service bancaire de base, qui existe en Belgique depuis 2003. "Il a connu une augmentation de 10% en 2012 mais reste encore méconnu de clients qui se font refuser l'accès à un compte à vue. Le nombre d'agences bancaires diminue, pouvant rendre l'accès plus difficile", souligne-t-il. En 2012, 9.528 personnes bénéficiaient du service bancaire de base.

S'agissant d'inclusion en matière d'assurance, le rapport constate que le taux de non-couverture par l'assurance soins de santé obligatoire reste autour d'1%. Une majorité de personnes surendettées en Wallonie ne sont pas en capacité de rembourser leurs soins (des dettes de soins de santé sont présentes dans 56,7% des dossiers des services de médiation de dettes wallons en 2012). Toutefois, on observe un léger recul tant en part qu'en montant de l'endettement relatif aux soins (montant moyen de 1.054 euros en 2012, contre 1.296 euros en 2010).

En ce qui concerne la responsabilité civile, le nombre de déclarations de sinistres en RC automobile incluant des "non-assurés" est reparti à la baisse en 2012 (-5,5%) après une période haussière. "Malgré la hausse du nombre d'interventions du Bureau de tarification, les 8.064 situations de non-assurances survenues en 2012 soulignent la limite de ce dispositif. Ce chiffre pose la question de l'accessibilité financière au plus grand nombre d'une assurance RC."

Enfin, alors que les nouveaux moyens de paiement se généralisent, une enquête qualitative sur leur utilisation par les personnes âgées, handicapées, à bas revenus, surendettées et les migrants laisse entendre que ces nouveaux moyens ne sont pas universels et posent, dès lors, un problème d'inclusion financière. "L'accès au compte et aux services de base doit être simplifié et garanti aux personnes pour qui les interfaces informatiques ne sont pas adaptées", conclut le RFA.

Nos partenaires