Grèce: course contre la montre pour décrocher un accord avec les créanciers

18/04/16 à 14:23 - Mise à jour à 14:23

Source: Afp

La Grèce va tenter cette semaine de s'accorder avec ses créanciers UE-FMI pour rester sous perfusion financière et obtenir un allègement de sa dette, mais l'épilogue reste hypothéqué par l'ampleur des sacrifices réclamés au pays.

Grèce: course contre la montre pour décrocher un accord avec les créanciers

© Reuters

Après une pause pour la réunion du printemps du FMI à Washington, le quartet représentant les bailleurs de fonds est attendu lundi à Athènes, les premiers rendez-vous n'étant pas prévus avant mardi, a indiqué le ministère des Finances.

L'objectif, selon une source gouvernementale grecque, est de conclure un "accord technique" qui serait soumis à la réunion vendredi à Amsterdam, des grands argentiers de la zone euro.

Pour y arriver, "il y a des convergences, mais aussi d'importantes divergences", a souligné la même source. Le Premier ministre de gauche, Alexis Tsipras, a lui jugé "possible" un accord d'ici les Pâques orthodoxes, le 1er mai.

Même chaud et froid de la part des créanciers, entre l'optimisme affiché samedi à Washington par les gouvernements français et allemand et le bémol apporté par le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

"Des progrès ont été faits ces derniers jours (...) mais il reste du travail à faire sur les réformes", a-t-il affirmé. Le ministre français des Finances, Michel Sapin, s'est lui prévalu d'avancées "dans le bon sens", tandis que son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, faisait part de son "optimisme".

Les discussions, qui ont déja pris des mois de retard, achoppent encore sur les modalités des réformes des retraites et fiscale que le gouvernement s'est engagé à mener pour permettre au pays d'économiser comme convenu quelque 5,4 milliards d'euros.

Nouvelle proposition UE-FMI ?

Un compromis sur ces mesures doit permettre la poursuite du versement au pays des nouveaux prêts de 86 milliards d'euros convenus en juillet, et ouvrir à une discussion sur l'aménagement de la dette du pays, qui caracole à près de 180% du PIB.

L'échéance financière n'est pas encore pressante, les prochains grands remboursement dont le pays doit s'acquitter étant pour juillet. Mais le gouvernement grec met en garde contre sa possible déstabilisation si les choses devaient encore trainer, d'autant qu'il doit aussi affronter en première ligne la crise migratoire.

Côté européen, la perspective d'une crise majeure en cas de vote britannique pour le Brexit pourrait aussi pousser à la conciliation.

De fait, à Washington, les créanciers du pays, UE et FMI, semblent avoir trouvé une formule pour concilier leurs différences d'estimation sur les capacités de l'économie grecque à s'assainir et rebondir, qui avaient encore compliqué la partie ces dernières semaines.

Selon la même source gouvernementale grecque, ils ont ainsi proposé qu'Athènes adopte, en plus des mesures actuellement discutées, un paquet optionnel de plus de 2,5 milliards d'euros, qui serait activé dans le cas où le pays n'atteindrait pas l'objectif de 3,5% d'excédent primaire (hors service de la dette) en 2018.

De quoi permettre au FMI, pour qui cet objectif est irréaliste au vu des réformes et mesures jusque là envisagées de rester en lice, ce qu'exige Berlin.

"Le gouvernement n'a pas encore accepté cette proposition", mais la discute, indique-t-on côté gouvernemental.

Pour Kostas Melas, professeur en finance internationale à l'université Panteion d'Athènes, il devrait logiquement s'y résoudre pour éviter la répétition du psychodrame de l'été dernier, quand le pays avait été menacé d'une sortie de l'euro.

Mais il le déplore: "au niveau économique, cela va encore retarder le retour à la normalité pourtant affiché comme objectif par les créanciers eux-mêmes, et au niveau social, cela pourrait être explosif", a-t-il souligné à l'AFP.

Après un pic de grogne cet hiver à l'annonce des premiers projets de réforme de retraite, les syndicats n'ont de fait pas désarmé, prêts à dégainer de nouvelles grèves générales. L'opposition de droite est pour sa part désormais créditée par les sondages d'avoir ravi la première place à la gauche gouvernementale.

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