Fortis (épisode 3) : la mauvaise gestion de la galaxie Lippens

04/10/10 à 16:40 - Mise à jour à 16:40

Source: Trends-Tendances

La débâcle de Fortis aurait-elle pu être évitée ? La réponse à cette question est positive. Car la crise dans laquelle le bancassureur s'est retrouvé résulte d'une mauvaise gestion et d'un funeste concours de circonstances. Troisième plongée dans l'envers du décor de la "saga Fortis"

Fortis (épisode 3) : la mauvaise gestion de la galaxie Lippens

© Belga

En tant que président, Maurice Lippens avait trop de pouvoir. Il s'entourait trop peu d'administrateurs critiques. Non parce qu'ils n'osaient pas s'opposer à lui mais parce qu'ils avaient une vue trop limitée de ce qui se déroulait dans l'entreprise.

Maurice Lippens était le portier qui surveillait le flux d'informations passant du comité de direction au conseil d'administration. Or, des informations cruciales ne parvenaient plus au conseil. C'était aussi dû au fait qu'il n'y avait plus, dans ce conseil, de gens venant des activités opérationnelles de Fortis.

Maurice Lippens lui-même ne savait plus ce qui se passait au sein de Fortis. A un moment donné, il a dû apprendre de la CBFA que la position de liquidités de Fortis était alarmante. Il aurait pourtant pu le savoir car il recevait tous les procès-verbaux du comité de direction. Au printemps 2008, Filip Dierckx y signalait pour la première fois que Fortis devait se procurer à court terme, sur le marché, 70 milliards d'euros, soit un dixième du bilan, et qu'il fallait s'attaquer à ce talon d'Achille. La question n'est cependant jamais arrivée au conseil d'administration.

Pire encore : en 2007, Fortis avait déjà dû solliciter des crédits d'urgence auprès de la Banque centrale européenne, ce que le conseil d'administration de Fortis n'a jamais su. Maurice Lippens ne savait pas non plus que Fortis détenait des investissements à risque hors bilan via le véhicule Scaldis. Nout Wellink, patron de l'organe de contrôle néerlandais, a dû lui expliquer que Scaldis avait des problèmes de financement...

Dès demain, le quatrième épisode de notre "série Fortis" : les coulisses de l'acquisition d'ABN Amro

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