Espion suisse, riches Allemands et fraude fiscale

03/05/17 à 12:01 - Mise à jour à 12:01

Source: Belga

Le ministre suisse de la Défense, Guy Parmelin, compétent en matière de services secrets, a refusé mardi de commenter l'arrestation d'un ressortissant suisse à Francfort soupçonné d'être un espion à la solde du SRC, le Service de renseignement de la Confédération.

Espion suisse, riches Allemands et fraude fiscale

Image d'illustration © iStock

Selon l'agence suisse ATS, M. Parmelin, qui présentait à Berne le rapport annuel du SRC, a indiqué aux journalistes qu'il n'avait "aucun commentaire à faire".

L'affaire concerne les dépôts bancaires en Suisse et non déclarés au fisc allemand, appartenant à de riches Allemands.

Pour taxer ces fonds, l'Allemagne a acheté ces dernières années à des intermédiaires des CD contenant des listes de clients allemands non déclarés, des pratiques suscitant la colère en Suisse.

Selon son avocat, l'homme, arrêté vendredi et placé en détention préventive en Allemagne, "est soupçonné d'avoir enquêté pour le compte du SRC sur des enquêteurs fiscaux allemands illégaux en Suisse".

Il s'agit, selon la presse, de Daniel M., âgé de 54 ans. Son arrestation a été ordonnée par le procureur fédéral allemand à Karlsruhe.

Le ministère suisse des Affaires étrangères (DFAE) a indiqué qu'il était au courant de l'arrestation d'un citoyen suisse en Allemagne, sans donner d'autres informations.

M. Parmelin a de son côté indiqué mardi que "le SRC a pour mission de détecter les problèmes afin de permettre à la Confédération d'intervenir à temps" et qu'il agit "dans le respect des lois en vigueur pour protéger la Suisse et ses habitants".

Il a également mentionné que les activités du SRC sont contrôlées de manière stricte, et que ce contrôle sera encore renforcé avec l'entrée en vigueur de la nouvelle loi suisse sur le renseignement.

Depuis janvier 2006, plusieurs Lands allemands, comme la Rhénanie du nord-Westphalie (ouest), ont acheté ces CD ou des clés USB avec ces données, qui provenaient de Suisse ou du Liechtenstein. Cette méthode avait soulevé la polémique en Allemagne et tendu les relations entre Berne et Berlin.

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