Enquête exclusive : comment les cadres belges placent leur argent

21/05/10 à 13:55 - Mise à jour à 13:55

Source: Trends-Tendances

Que faites-vous de votre argent ? Vous le placez sur un compte d'épargne. Qu'allez-vous faire de votre argent demain ? Vous le placerez sur un compte d'épargne. Les cadres belges manquent d'ambition financière dans la gestion de leur épargne. Ils évitent toute prise de risques, pour se plaindre ensuite que leurs économies ne rapportent rien.

Enquête exclusive : comment les cadres belges placent leur argent

© Thinkstock

Si vous interrogez un cadre belge sur ce qu'il attend de son épargne, il y a de fortes chances pour qu'il vous réponde : "Je veux que mon argent me rapporte plus que l'inflation, afin que mon patrimoine ne diminue pas."

Cinquante-huit pour cent des cadres ayant participé à la grande enquête sur l'argent de Trends-Tendances et Moneytalk montrent peu d'ambition dans leurs décisions de placement et d'épargne. Et ils ne sont que 13 % à rechercher un rendement le plus élevé possible et pas nécessairement connu à l'avance. Voici donc le portrait du cadre belge qui épargne. Avec une brique dans le ventre.

1. L'épargnant

L'épargne est le loisir financier favori des cadres belges. Quatre-vingt pour cent d'entre eux épargnent régulièrement ou systématiquement. Ils ne sont que 3,5 % à ne pas le faire. Le compte d'épargne est dès lors leur produit financier le plus prisé. Quatre-vingt-huit pour cent des cadres en possèdent un. Pratique, car les cadres veulent continuer à épargner. Donnez-leur 100.000 euros, et ils achèteront une maison (45 %), investiront dans un fonds à capital garanti (23 %) ou les placeront sur un compte d'épargne (21 %). Ils ne sont qu'un sur cinq à envisager de les investir en actions.

Mais il y a épargnant et épargnant. Le cadre flamand épargne plus systématiquement que son homologue wallon. De plus, le Flamand a la possibilité d'épargner davantage. Ces montants contrastent avec les constats tirés d'une enquête précédente menée auprès des plus de 50 ans. L'enquête en question avait révélé que la moitié des plus de 50 ans épargnaient moins 200 euros par mois.

2. Le frileux

Les Belges épargnent parce qu'ils aiment la sécurité : 52 % d'entre eux veulent se constituer une réserve pour des périodes difficiles. L'épargne les rassure. Pourtant, l'avenir est également une motivation importante. Les épargnants veulent se constituer une pension complémentaire. L'épargne-pension est d'ailleurs un hobby national. A peine 8,5 % des cadres ne la pratiquent pas.

Le portefeuille du cadre belge apparaît dès lors très peu risqué. Le cadre a peur de prendre des risques. Nonante pour cent des cadres analysent les risques d'un investissement avant d'acheter.

3. L'insatisfait

Le cadre ne veut donc pas prendre trop de risques avec son argent. Pourtant, il souhaiterait des rendements plus élevés. Il n'est en tout cas pas satisfait de ce que lui rapportent son épargne et ses placements aujourd'hui. Qui n'ose rien n'a rien.

4. L'investisseur

Tous les cadres ne sont pas aussi exclusivement fanatiques de l'épargne. La moitié d'entre eux a également des actions en portefeuille. Et le cadre n'investit pas seul : 68,3 % des participants à l'enquête se font accompagner par leur banquier. Mais les cadres préfèrent prendre eux-mêmes la décision finale. Seule une très faible minorité a complètement abandonné la gestion de son portefeuille ; 44,9 % des cadres prennent leurs décisions en toute autonomie, alors qu'ils sont 49,4 % à bénéficier d'un support professionnel tout en prenant eux-mêmes la décision finale. L'enquête confirme également que les investisseurs contrôlent régulièrement leur portefeuille.

5. Le résistant à la crise

Des milliards d'euros sont partis en fumée dans la crise boursière de ces dernières années. Pourtant, les cadres restent relativement sereins. Ils sont 31 % à avoir diminué leurs dépenses en raison de la crise économique, alors que 54 % des plus de 50 ans admettent avoir réduit leur train de vie. Les principales économies ont été réalisées dans les dépenses de restaurants (67,9 %), de vacances (47,2 %), de vêtements (46,9 %) et de loisirs (36,2 %).

Pourtant, les cadres ne sont pas sortis indemnes de la crise et certains ont même perdu beaucoup d'argent : 53,4 % des participants à l'enquête reconnaissent avoir essuyé des pertes sur des actions, des assurances de groupe et des fonds de pension.

Mais les banquiers qui ont conseillé ces investisseurs n'ont rien à craindre. Seuls 4 % des participants à l'enquête ont changé de banque en raison de la crise.

6. Le futur épargnant

Au sein des participants à notre enquête, 57,1 % des personnes interrogées n'envisagent pas de modifier leur stratégie d'investissement dans les six mois à venir. Elles sont même 21 % à se montrer optimistes pour leurs placements. Il serait étonnant que le comportement financier des cadres évolue significativement à l'avenir.

Qui a participé ?

Au total, 875 cadres - issus des fichiers de notre Top 30.000 - ont pris part à l'enquête. Ce sont surtout les hommes qui parlent d'argent : 70 % des participants étaient des hommes âgés de 35 à 60 ans. Vingt-quatre pour cent d'entre eux disposent d'un revenu familial net mensuel supérieur à 3.000 euros, 42,5 % gagnent entre 3.000 et 5.000 euros et 21,6 % entre 6.000 et 9.000 euros. Quelques heureux élus gagnent davantage.

An Goovaerts

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