Dexia : Leterme défend (à nouveau) son action

18/10/11 à 14:32 - Mise à jour à 14:32

Source: Trends-Tendances

Le Premier ministre a défendu, face aux députés, le sauvetage de Dexia Banque Belgique par l'Etat, arguant avoir ainsi évité une crise systémique. Ecolo et Groen!, pas convaincus, ont réclamé la constitution d'une commission d'enquête parlementaire.

Dexia : Leterme défend (à nouveau) son action

© Belga

Le gouvernement fédéral, en intervenant comme il l'a fait en faveur de Dexia Banque Belgique, est parvenu à éviter une crise systémique, a souligné mardi le Premier ministre sortant, Yves Leterme, lors d'un échange de vues en commission des finances sur le dossier Dexia.

"Grâce à une action efficace et adéquate de l'Etat, la crise systémique a pu être évitée", a déclaré Yves Leterme. Le Premier ministre a rappelé devant les députés les rétroactes de ce dossier et les circonstances dans lesquelles le gouvernement a dû intervenir et négocier avec les autorités françaises.

Commission d'enquête parlementaire sur Dexia : Ecolo la veut, le SP.a n'est pas contre

Dans l'opposition, Ecolo et Groen! ont réclamé la mise sur pied d'une commission d'enquête parlementaire à propos de Dexia. La N-VA pourrait formuler la même demande si elle estime que les auditions à venir en commission des finances ne permettent pas de déterminer plus clairement les responsabilités dans ce dossier. Le SP.a n'y est quant à lui pas opposé.

Le point a été évoqué à l'issue de l'échange de vues mais n'a pas été tranché. N'ont été confirmées que les auditions de la semaine prochaine : Luc Coene, gouverneur de la Banque nationale de Belgique, et Jean-Paul Servais, président de la Financial Services & Markets Authority (FSMA). Une liste comportant d'autres noms circule mais n'a pas encore été approuvée. Il est notamment question de Jean-Luc Dehaene (président de Dexia), Pierre Mariani (CEO de Dexia) et Francis Vermeiren (patron du Holding Communal).

Les députés ont posé de nombreuses questions au Premier ministre, auxquelles il n'a répondu que très partiellement. Il s'est dit prêt à fournir des réponses écrites en concertation avec le ministre des Finances, Didier Reynders.

Ecolo : "La France s'en sort bien alors que la cause des problèmes de Dexia se trouve en France !"

Personne n'a remis en cause la nécessité d'intervenir pour sauver Dexia Banque. "Vous avez fait ce qu'il fallait et vous l'avez fait en peu de temps", a souligné Joseph George (cdH).

Les Verts ont toutefois déploré une opération très favorable aux Français : "La France s'en sort bien alors que la cause des problèmes se trouve en France !", a fait remarquer Georges Gilkinet (Ecolo). "Il y avait des éléments structurels qui fragilisaient Dexia : pourquoi n'a-t-on pas anticipé ?", a demandé Christiane Vienne (PS).

Beaucoup de députés se sont également demandé pourquoi certaines des recommandations de la commission parlementaire créée après la crise financière de 2008 n'avaient pas été mises en oeuvre, notamment sur la séparation entre banque d'affaires et banque de dépôt.

Des questions ont été également posées sur le rôle joué par Jean-Luc Dehaene (qu'a pourtant remercié Yves Leterme), le traitement (apparemment préférentiel, selon la N-VA) réservé aux actionnaires du holding Arco, les garanties apportées par l'Etat belge à la banque résiduelle Dexia, etc.

Leterme vise une dette publique à 90 % du PIB d'ici la fin de la législature

Yves Leterme a par ailleurs répété son plaidoyer en faveur de l'établissement "à court terme" d'un budget pluriannuel crédible afin de répondre aux exigences européennes, et d'une réduction de la dette publique à 90 % du PIB d'ici la fin de la législature : "Si nous parvenons à aller en-dessous des 90 %, ce serait un argument supplémentaire de crédibilité. C'est un élément qui convainc les analystes financiers."

Trends.be, avec Belga

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