Dexia : "D'autres voies étaient possibles !"

10/10/11 à 15:44 - Mise à jour à 15:44

Source: Trends-Tendances

D'autres solutions existaient pour sauver Dexia mais, pour ce faire, "il aurait fallu créer une bad bank dès 2010, dans de meilleures conditions de marché", estime l'économiste Eric De Keuleneer. Problème : la direction de Dexia avait alors balayé ces recommandations.

Dexia : "D'autres voies étaient possibles !"

© Reuters

"D'autres solutions étaient possibles, a estimé lundi après-midi Eric De Keuleneer, professeur d'économie à la Solvay Brussels School. Mais pour ce faire, il aurait fallu que le management suive les recommandations de la Commission européenne qui, en 2010, préconisait que Dexia se sépare d'une partie beaucoup plus importante de son portefeuille. Il aurait fallu créer une bad bank à ce moment-là, dans de meilleures conditions de marché."

A l'époque, cependant, la direction du groupe franco-belge avait balayé ces recommandations, "sous prétexte qu'elles allaient mettre à mal le modèle Dexia, a poursuivi Eric De Keuleneer. Or, ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que ce modèle n'était pas viable !" Plus encore, "le cas Dexia illustre parfaitement le fait que le lobbying, dans la gestion d'une banque, est contraire à l'intérêt général et souvent à celui de la banque elle-même".

Si le coût du sauvetage pour la Belgique "est très difficile à chiffrer", il est certain, pour Eric De Keuleneer, que l'opération pèsera sur la notoriété du pays vis-à-vis des marchés financiers : "Cela se reflétera sur les taux que la Belgique devra payer pour se financer. Tant la France que la Belgique ont été victimes d'une politique de banque de marché trop risquée pour être liée à des activités de banque de dépôt, et d'une mauvaise stratégie, appuyée en son temps par la France."

A la suite de l'accord intervenu dans la nuit de dimanche à lundi, la Belgique déboursera finalement 4 milliards d'euros pour l'acquisition de Dexia Banque Belgique et apportera au groupe franco-belge 60,5 % des 90 milliards d'euros de garanties publiques.

Trends.be, avec Belga

En savoir plus sur:

Nos partenaires