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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

18/02/16 à 15:12 - Mise à jour à 15:21

Devrons-nous bientôt payer notre banque pour qu'elle garde notre argent ?

Tout doucement, sans le crier sur tous les toits, les banques belges se rapprochent du taux légal minimum qui peut être offert sur un livret d'épargne, à savoir 0,11%.

Devrons-nous bientôt payer notre banque pour qu'elle garde notre argent ?

© DR

Les banques sont de moins en moins généreuses avec les rendements qu'elles proposent à leurs clients. En Belgique, les 4 grandes banques qui trustent environ 80% de l'épargne des Belges offraient jusqu'à présent un taux d'intérêt pour les livrets d'épargne de 0,20%. Depuis quelques jours, cependant, même ce rendement riquiqui a été raboté. Aujourd'hui, il est de 0,15% seulement, qu'est-ce que cela signifie ?

Cela veut dire que tout doucement, sans le crier sur tous les toits, les banques belges se rapprochent du taux légal minimum qui peut être offert sur un livret d'épargne, à savoir 0,11% ! C'est en principe le taux en dessous duquel aucune banque ne peut descendre. En principe s'entend, car comme tout principe, il n'est jamais inscrit dans le marbre pour l'éternité. Aujourd'hui, les taux d'intérêt sont bas, très bas, proches de 0% lorsqu'ils ne sont pas négatifs dans certains cas.

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Aujourd'hui, les banquiers centraux ne savent plus ce qu'ils doivent faire pour arriver à faire redémarrer nos économies.

Les marges des banquiers sont donc sous pression. Ils pourraient, s'ils ne sont pas déjà en train de le faire, mettre la pression sur le gouvernement pour lui expliquer qu'il faut encore baisser ce taux légal minimum de 0,11% car il n'est pas tenable. Si vous en doutez, pensez aux assureurs. Hier encore, certains d'entre eux avaient promis à leurs souscripteurs des taux garantis de 3,75% et c'est évidemment intenable avec des taux d'intérêt aussi bas. Devinez quoi ? Les assureurs ont fait leur lobbying, et aujourd'hui, ce taux légal de 3,75% a été raboté à 1,75% pour les assurances-groupe et à 2% pour les produits de la Branche 21 c'est-à-dire pour les assurances-vie à taux garantis.

Les banquiers centraux ne savent plus ce qu'ils doivent faire pour arriver à faire redémarrer nos économies. Ils ont fixés artificiellement les taux d'intérêt à 0% pour nos obliger à consommer au lieu d'épargner et pour inciter les entreprises à investir. Mais au final, ce scénario ne se vérifie pas. Les entreprises hésitent toujours à investir et les citoyens continuent d'épargner. D'où l'idée de plus en plus fréquente d'oser imposer des taux d'intérêt négatifs. Sans rigoler, c'est une question qui est vraiment à l'ordre du jour au plus haut niveau. Car si les taux deviennent négatifs, il faudra changer notre logiciel de pensée, cela reviendra à payer la banque pour qu'elle garde notre argent, un peu comme quelqu'un qui paie un parking pour avoir sa voiture en sécurité. Il ne s'agit là que d'un scénario, et comme l'écrivait Paul Claudel, en sous-titre de sa pièce de théâtre, le Soulier de Satin, "le pire n'est pas toujours certain" !

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