Des banques vers les entrepôts

17/09/13 à 16:25 - Mise à jour à 16:25

Source: Trends-Tendances

Des banques vers les entrepôts

Tout ce que les banques perdent en dépôts ne quitte toutefois pas obligatoirement la Suisse. Certes, certains clients vident leur compte et leur coffre. Mais comme l'incertitude règne sur les marchés financiers, une part croissante des avoirs disponibles est investie dans des biens tangibles, comme des oeuvres d'art, des grands vins et des ancêtres automobiles. On estime qu'au total, quatre trillions de dollars ont été investis dans des actifs dits "de passion", une classe qui comporte tous les objets précieux, quelle que soit leur nature.

Une telle thésaurisation requiert des lieux d'entreposage répondant aux normes de sécurité les plus strictes. Les bunkers militaires suisses creusés dans les profondeurs des Alpes, par exemple, font l'objet d'une demande importante. Mais les zones franches de Genève et de Zurich sont encore plus recherchées parce qu'elles offrent tout ce qui a fait la renommée des banques suisses : la liberté d'un paradis fiscal, accompagnée d'un maximum de discrétion.

"Actuellement, les clients qui ont des craintes transfèrent leurs actifs des banques vers les entrepôts de la ville", nous dit une charmante dame de la zone franche de Genève. Et elle ajoute : "Jusqu'ici, seules les douanes suisses ont témoigné d'un certain intérêt pour le contenu des entrepôts. Il est très improbable que des autorités fiscales étrangères obtiennent un jour un accès aux listes des objets entreposés. En Suisse, l'évasion fiscale n'est pas un délit".

"Je ne peux malheureusement pas vous proposer un coffre plus grand, tout est loué", ajoute-t-elle. Tout ce qui lui reste est un local de 10 m². C'est un des locaux-coffres les plus petits de l'immeuble, qui compte 140 000 m² d'espace de stockage, et son loyer annuel est de 22.000 francs suisses, soit 17.800 euros.

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