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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

03/09/14 à 12:45 - Mise à jour à 12:45

Décidément, tout fout le camp !

Même les banques privées suisses ne sont plus ce qu'elles étaient... Non seulement, on découvre qu'elles perdent de l'argent, mais en plus, elles ne sont plus aussi discrètes que par le passé. Aujourd'hui, elles sont obligées légalement de se mettre à nue sur la place publique.

Décidément, tout fout le camp !

© REUTERS

Pour ce qui est des comptes, c'est simple, selon le cabinet d'audit KPMG, l'année 2013 a été mauvaise pour les banques privées suisses, plus d'un tiers d'entre elles a enregistré une perte ! La raison de cette perte est simple : les clients américains, qui avaient déposés leurs fonds non déclarés auprès de ces banques, ont été poursuivis par le fisc américain. Ce dernier n'a pas hésité à faire une pression mortelle sur ces banques suisses pour qu'elles dénoncent en quelque sorte leurs clients américains. Au final, ces banques ont dû payer des amendes importantes pour fraude fiscale, et c'est ce qui explique qu'une bonne partie d'entre elles soient dans le rouge pour 2013 !

A côté de cela, on a appris que Pictet, l'une des plus vénérables banques suisses, a mis fin à son silence qui durait depuis...209 ans, en dévoilant pour la première fois de son histoire ses résultats semestriels. Dans le cas présent, les résultats étaient plutôt bons, mais ce qui a étonné, c'est la fin de ce long silence, de cette opacité qui était la marque de fabrique des grandes banques suisses privées.

En réalité, ce qui faisait la différence, c'est que les gérants de ces banques suisses étaient indéfiniment responsables sur leur propre fortune de leur établissement. Donc s'ils géraient mal leur établissement, ils pouvaient tomber en faillite personnellement. Aujourd'hui, les gérants des banques suisses ont abandonné ce modèle de responsabilité illimitée, c'est en quelque sorte la fin d'un mythe, un mythe qui donnait un statut particulier au banquier genevois ! En changeant de statut juridique, ces banques qui, hier encore, étaient d'une totale discrétion, doivent aujourd'hui publier deux fois par an leurs résultats. Bref, leurs gérants ne risquent plus, en cas de mauvaise affaire, de perdre tout leur patrimoine privée, mais en contrepartie, ils doivent se mettre tout nu deux fois par an. Comme je vous le disais, décidément tout fout le camp, même la légendaire discrétion suisse.

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