Concurrence : un "vilain mot" pour les banques, selon Test-Achats

18/01/12 à 14:16 - Mise à jour à 14:16

Source: Trends-Tendances

Test-Achats n'a décidément pas mâché ses mots contre les grandes banques, mercredi. L'association dénonce ainsi la façon dont le mécanisme actuel des comptes d'épargne décourage les Belges à faire jouer la concurrence. Et pointe les responsabilités : les grandes banques et... nos autorités. Explications.

Concurrence : un "vilain mot" pour les banques, selon Test-Achats

© Thinkstock

La concurrence déstabiliserait-elle les grandes banques ? "Non !"

Dans sa charge contre les grandes banques, presque accusées d'"arnaque" sur les comptes d'épargne, Test-Achats enfonce le clou linguistique : "Osons ce vilain mot dans l'esprit des grandes banques et de nos autorités : faites jouer la concurrence ! Un vilain mot car selon elles, cela pourrait nuire à la sacro­-sainte stabilité du secteur bancaire. Et de s'entendre dire qu'en dirigeant les épargnants vers les petites banques, plus généreuses, cela pourrait déstabiliser les grandes, déjà très affaiblies. A ce qu'on sache, la crise actuelle, ce n'est quand même pas le petit épargnant qui en est responsable, mais bien la spéculation effrénée des banques !"

La concurrence entraînerait-elle une hausse des taux des crédits ? "Non !"

Test-Achats relève un autre "argument-choc qui nous a souvent été rétorqué par le secteur bancaire" : "Favoriser la concurrence pourrait obliger les grandes banques à relever leurs taux, ce qui rendrait alors le crédit plus cher à son tour." Or, l'association dit n'exiger "en aucune manière que les grandes banques relèvent leurs taux, qu'elles sont d'ailleurs en droit de fixer librement. Il existe suffisamment d'autres comptes d'épargne intéressants en Belgique. Ce que Test­-Achats n'accepte pas, c'est qu'on entrave la liberté de choix du consommateur."

La concurrence serait-elle découragée par la prime de fidélité minimum obligatoire ? "Oui !"

Pour freiner l'envie des épargnants de changer de banque, les autorités financières belges (CBFA puis BNB) ont, "en parfait accord avec les grandes banques, introduit en 2009 une prime de fidélité minimum obligatoire. L'épargnant reçoit ainsi un taux de base et, s'il maintient son argent suffisamment longtemps en compte (douze mois), une prime de fidélité. De quoi le décourager à bouger son épargne, au risque de perdre sa prime de fidélité."

Selon Test-Achats, ce mécanisme "assure aux grandes banques, qui recueillent encore un bon 70 % de l'épargne en Belgique, de maintenir leur confortable position. Notons néanmoins que ce n'est pas la prime de fidélité qui a retenu les clients de Dexia de retirer en masse leur épargne lorsque la banque allait au plus mal. La prime de fidélité, garante de la stabilité financière, pas sûr..."

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