Comment Dexia va réduire la voilure pour plaire à l'Europe

05/02/10 à 16:55 - Mise à jour à 16:55

Source: Trends-Tendances

Dexia et la Commission européenne se seraient (enfin) accordés sur un plan de restructuration. Avec, à la clé, la cession de filiales et l'arrêt de plusieurs activités en Europe, le recentrage sur le Benelux et, surtout, la révision en profondeur de son business model. L'action a aussitôt chuté sur Euronext Brussels, perdant 5,03 % à la clôture.

Comment Dexia va réduire la voilure pour plaire à l'Europe

© Belga

Pour obtenir le blanc-seing de la Commission européenne, Dexia céderait ses filiales italienne et slovaque ainsi que ses activités d'assurance en Turquie et de prêt aux collectivités locales en Espagne, indiquent Les Echos sur leur site Internet. La banque franco-belge devrait également porter à 90 % en 2014 la part de son bilan refinancée à plus d'un an, contre 50 % aujourd'hui, prolonge le quotidien économique.

Les discussions menées par les dirigeants de Dexia et les autorités françaises, belges et luxembourgeoises, "qui semblaient dans l'impasse hier après-midi, ont repris dans la soirée et se sont poursuivies ce vendredi matin pour parvenir à une solution qui devrait satisfaire les deux parties", affirment encore Les Echos. Prochaine étape : selon nos informations, un conseil d'administration de Dexia devrait se réunir ce soir pour avaliser l'accord.

Dexia ne souhaite pas commenter ces informations.

Voici les principaux points de l'accord, tels qu'évoqués par le quotidien français :

- Réduire de 45 % d'ici à 2014 la taille de son bilan (600 milliards d'euros) - selon nos propres informations, il s'agirait plutôt de 35 %

- Céder la filiale italienne Crediop et la filiale slovaque, les activités d'assurances en Turquie et de prêt aux collectivités locales en Espagne

- Mettre fin à ses activités à Singapour et en Russie

- Se recentrer essentiellement sur le Benelux

- Ne pas procéder, pour l'instant, à une quelconque acquisition sur les marchés où elle reste implantée

- Revoir en profondeur son business model. Dexia, en effet, se finançait "souvent à très court terme sur le marché de gros, pour accorder des emprunts de long terme aux collectivités locales, écrivent Les Echos. Elle devra progressivement allonger la durée de son refinancement en respectant des clauses de rendez-vous vis-à-vis de la Commission, de manière à porter de 50 % aujourd'hui à 90 % en 2014 la part de son bilan refinancée à plus d'un an. L'objectif : accroître suffisamment le niveau des marges pour assurer, in fine, la pérennité de l'activité et donc la viabilité de la banque."

Neelie Kroes satisfaite : "La banque Dexia sera restructurée d'une façon qui assure sa viabilité sans nouvelles subventions"

[UPDATE 1] Neelie Kroes, commissaire européenne à la Concurrence, a dévoilé, vendredi soir, sa satisfaction : "La banque Dexia sera restructurée d'une façon qui assure sa viabilité sans nouvelles subventions et qui réduit suffisamment ses activités pour compenser toute distorsion de concurrence causée par les subventions reçues jusqu'à présent", selon un communiqué. La décision formelle d'approbation de la restructuration de Dexia sera soumise au collège des commissaires européens par le successeur de Neelie Kroes, Joaquin Almunia.

Dehaene satisfait : l'accord avec la Commission "permet de poursuivre nos activités et notre double métier en Belgique, France et Luxembourg"

[UPDATE 2] Jean-Luc Dehaene, président du conseil d'administration de Dexia, et Pierre Mariani, administrateur délégué du groupe, ont confirmé, vendredi en début de soirée, l'accord avec la Commission européenne pour la poursuite de la restructuration de la banque. Le conseil d'administration doit approuver cet accord dans la soirée : "Je me réjouis qu'il y ait un accord, il est important pour Dexia de poursuivre sa restructuration, a déclaré Jean-Luc Dehaene, satisfait que Dexia ait pu finaliser ce dossier avec la commissaire européenne (sortante) à la Concurrence, Neelie Kroes. Dexia a déjà fait pas mal de chemin dans sa restructuration et l'accord permet de poursuivre nos activités et notre double métier (financement des collectivités locale et activités bancaires) en Belgique, France et Luxembourg".

Le président a ajouté que la "Commission européenne nous oriente vers un métier de banque normale". Pierre Mariani s'est lui aussi félicité de cet accord "qui clôt une période d'incertitude" et qui "reconnaît la validité des axes de transformation" du groupe.

La banque, qui s'est engagée à réduire de 35 % d'ici à 2014 la taille de son bilan, devra céder ses filiales italienne et slovaque, mais aussi ses activités d'assurance en Turquie et de prêt aux collectivités locales en Espagne. Par ailleurs, Pierre Mariani a précisé vendredi que Dexia n'aura plus besoin des garanties d'Etat (Belgique, France et Luxembourg) au 30 juin prochain. Le conseil d'administration doit encore approuver "formellement" l'accord vendredi en soirée.

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