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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

02/09/15 à 11:02 - Mise à jour à 11:05

Chine: le gouvernement, principal responsable de la débâcle boursière

L'information de ces derniers jours est fascinante, elle démontre que l'adage qui veut que l'histoire repasse les mêmes plats est vrai. Prenons le cas de la crise boursière en Chine de cet été.

Chine: le gouvernement, principal responsable de la débâcle boursière

© Reuters

Les spécialistes savent que c'est le gouvernement qui est le principal responsable de cette débâcle. Notamment, en ouvrant les portes de la Bourse chinoise à 90 millions de citoyens et en les incitant à investir en actions mais hélas, souvent sans avoir les connaissances nécessaires. Bien entendu, comme le parti communiste est supposé être infaillible, il vient d'arrêter 197 personnes supposées avoir manipulé les marchés ou attentées au moral de la nation. C'est ainsi qu'un journaliste a "avoué" publiquement que ses "fausses informations" avaient "provoqué la panique et le désordre à la Bourse et avait sérieusement sapé la confiance dans les marchés et infligé d'énormes pertes au pays et aux investisseurs".

Ce genre d'aveux me font justement penser à la grande époque des partis communistes chinois et russes qui organisaient régulièrement ce genre d'aveux télévisés et bien entendu spontanés et nullement menés sous la contrainte. Ce journaliste est évidemment un prétexte car plusieurs sites financiers ont remarqué qu'après ses commentaires incriminés, le marché boursier chinois avait encore continué de grimper. Ce n'est que quelques jours plus tard qu'il a chuté dramatiquement. L'accusation est donc plus que légère. Encore une preuve que gouvernement local a besoin de boucs émissaires. Le communisme à la sauce chinoise démontre qu'il ne sait pas écouter.

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Les spécialistes savent que le gouvernement chinois est le principal responsable de cette débâcle.

Il n'est cependant pas le seul à avoir ce privilège de la surdité, c'est également le cas d'une théocratie comme l'Iran. Les dernières informations démontrent que si la jeunesse iranienne est très heureuse du deal conclu entre l'Iran et les Etats-Unis au sujet du nucléaire et de la levée progressive des sanctions économiques, cette joie risque malheureusement d'être de courte durée.

L'ancien ministre de l'agriculture iranien vient en effet d'encore tirer la sonnette d'alarme. Si rien n'est fait, très rapidement, environ deux tiers de la population iranienne, soit 50 millions d'habitants devront quitter le pays. Le gouvernement a très mal géré sa politique de l'eau, avec des barrages, des digues construits en dépit du bon sens et en ne tenant pas compte de l'évaporation induite par le climat sec iranien, sans oublier tous ces puits forés un peu partout, souvent sans autorisation et qui ont conduit à une surexploitation des ressources hydrauliques du pays. Les mollahs au gouvernement ont voulu se passer de l'expertise étrangère, sous prétexte qu'ils n'en avaient pas besoin. Résultat : la plupart des lacs et des cours d'eau sont asséchés.

Bien sûr, le réchauffement climatique joue son rôle, mais c'est d'abord l'idéologie aveugle de personnes sourdes à tout avertissement et donnant la priorité à une idéologie nationaliste plutôt qu'aux experts. L'ancien ministre de l'agriculture n'y va d'ailleurs pas par quatre chemins, il a déclaré que ce que les Iraniens font avec leurs nappes phréatiques prépare à un... génocide. Rien que cela ! A ce moment-là, on se frotte les yeux, et on se dit que vivre en Occident est un immense privilège, je me demande si tout le monde en est toujours bien conscient.

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