Brexit: "Les services financiers ne peuvent être inclus dans un accord de libre-échange"

06/03/18 à 13:23 - Mise à jour à 13:22

Source: Afp

Le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a exclu mardi que les services financiers soient intégrés dans un accord de libre-échange que vont négocier Londres et Bruxelles pour l'après Brexit.

Brexit: "Les services financiers ne peuvent être inclus dans un accord de libre-échange"

La City de Londres © istock

Interrogé sur la BBC à l'occasion d'un déplacement à Londres, M. Le Maire a salué le discours "clair" tenu vendredi par Theresa May. La Première ministre britannique y a reconnu que les banques de son pays ne pourraient plus bénéficier du système du passeport financier qui leur permet de vendre leurs services dans toute l'Union européenne depuis le Royaume-Uni.

Mais Mme May a aussi souhaité que les échanges de services entre le Royaume-Uni et l'UE soient inclus dans un "accord plus large" que les accords de libre-échange existant de par le monde et habituellement limités aux échanges de biens.

"Les services financiers ne peuvent être inclus dans un accord de libre-échange pour de nombreuses raisons, liées à la stabilité et aux questions de supervision car les services financiers répondent à des règles très spécifiques", a expliqué M. Le Maire.

Le ministre français, qui devait rencontrer son homologue britannique Philip Hammond dans la journée, a mis en avant "un système alternatif, appelé les régimes d'équivalences" - des exemptions conférées par la Commission européennes pour permettre à des entreprises financières de pays non membres de l'UE de commercer au sein de l'union depuis leur propre pays.

Il y a vu "la meilleure solution" pour les services financiers, même si les milieux d'affaires britanniques mettent en avant le fait que ces équivalences sont strictement encadrées et révocables.

Interrogé sur son empressement à attirer à Paris des banques installées au Royaume-Uni quitte à pénaliser la City de Londres, M. Le Maire a assuré qu'il n'était pas "pour un Brexit dur" qui pousserait davantage de banques à quitter la place financière britannique, ni "pour un Brexit doux", mais pour un "Brexit juste".

"Ce seront aux banques de décider" si elles veulent quitter Londres pour Paris, a observé le ministre, ajoutant simplement que "le temps est révolu où la France disait que la finance est l'ennemi".

Lors d'une visite à Londres en novembre, la présidente du conseil régional d'Ile-de-France, Valérie Pécresse, avait assuré que 2.500 emplois financiers étaient déjà promis pour sa région en provenance du Royaume-Uni, mais M. Le Maire n'a fourni pour sa part aucun chiffre.

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