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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

13/08/15 à 15:37 - Mise à jour à 15:37

'Bourse, yuan, croissance... La Chine est passée maître dans l'art de la manipulation'

La Chine fait peur. Et comme c'est la deuxième économie du monde, elle fait trembler toutes les Bourses.

'Bourse, yuan, croissance... La Chine est passée maître dans l'art de la manipulation'

/ © Reuters

L'Empire du Milieu a d'abord fait peur avec sa Bourse. Livrée à plus de 75 millions de boursicoteurs privés chinois, elle a grimpé de manière complètement folle (150% en moins d'un an). Puis, au début de cet été, elle a sombré de 30% en quelques semaines - au point que le gouvernement, c'est-à-dire le parti communiste chinois, a dû intervenir pour soutenir la Bourse et éviter qu'elle ne dégringole encore plus.

Par conséquent, le PCC, fidèle à sa doctrine interventionniste, a littéralement forcé les grands acteurs de la Bourse chinoise à ne pas vendre leurs titres. Les dirigeants chinois ont même été encore plus loin en exigeant que certains acteurs importants achètent des actions pour soutenir la Bourse de Shanghai ! En clair, la Bourse chinoise a été manipulée - au su et au vu de tous - par le parti communiste chinois, même si les résultats de cette manipulation ne sont pas extraordinaires au final.

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Bourse, yuan, croissance... La Chine est passée maître dans l'art de la manipulation

Et cette semaine, durant trois jours d'affilée, dont ce jeudi matin, la Chine a dévalué sa monnaie par rapport au dollar notamment. Là encore, il s'agit d'une manipulation, car le cours du yuan est fixé quotidiennement par la Banque populaire de Chine selon des critères opaques. Le but poursuivi est de donner de l'oxygène aux entreprises exportatrices chinoises, dont les carnets de commandes sont moins étoffés que d'habitude.

Mais pour d'autres observateurs, cette triple dévaluation en trois jours est un signe qui montre que la croissance chinoise est au ralenti. Officiellement, elle serait de 7%, mais la plupart des experts pensent qu'elle est de 5% tout au plus. On est donc loin des 10% et plus auxquels la Chine nous avait habitués au cours des dernières décennies.

Bien entendu, cette dévaluation-surprise de la monnaie chinoise fait craindre un retour de la guerre des devises au niveau mondial. Pourquoi ? Parce qu'il est possible que d'autres pays asiatiques voudront garder leurs parts de marché et ils risquent de se lancer aussi dans une dépréciation de leur monnaie nationale.

La Bourse, qui pouvait espérer un peu de calme après le feuilleton grec, n'aura donc eu aucun répit cet été, puisque maintenant c'est la Chine qui fait la Une des médias avec ses problèmes. Sans vouloir faire un jeu de mots facile, je pense que ceux qui suivent leur portefeuille boursier en direct sur leur smartphone doivent rirent jaune en ce moment...

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