Bonne nouvelle pour la Deutsche Bank, qui trouve un accord à 7,2 milliards avec les USA

23/12/16 à 08:10 - Mise à jour à 14:18

Source: Afp

Deutsche Bank ne va finalement débourser que 7,2 milliards de dollars (environ 6,9 milliards d'euros) aux Etats-Unis pour son rôle dans la crise des subprime, alors que la menace d'une amende record suscitait des inquiétudes sur la finance mondiale.

Bonne nouvelle pour la Deutsche Bank, qui trouve un accord à 7,2 milliards avec les USA

© Reuters

La première banque allemande a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi un accord avec le ministère américain de la Justice (DoJ) sur le paiement d'une amende de 3,1 milliards de dollars. S'y ajouteront 4,1 milliards de dollars de mesures destinées aux clients telles que la révision des conditions de prêts déjà accordés.

C'est bien moins que les 14 milliards de dollars initialement réclamés à Deutsche Bank, accusée d'avoir vendu en toute connaissance de cause entre 2006 et 2008 des crédits immobiliers toxiques convertis en produits financiers (RMBS).

L'évocation de cette amende, d'un montant inédit pour une banque étrangère active aux Etats-Unis, avait réveillé les craintes à la fois sur la santé du secteur bancaire européen et sur une nouvelle crise financière comme celle engendrée en 2008 par la chute de Lehman Brothers.

Un plongeon de Deutsche Bank, institut de premier plan présent partout dans le monde et dans presque toutes les activités financières, aurait des conséquences d'une ampleur inconnue pour le secteur. Le FMI avait d'ailleurs estimé à l'été que la banque allemande était une "source majeure de risque".

'Douloureux' mais salutaire

Cela avait aussi ravivé le spectre d'une augmentation de capital ou d'un sauvetage public de l'établissement, qui a seulement mis de côté 5,5 milliards d'euros pour affronter ses divers problèmes avec la justice.

L'action Deutsche Bank était tombée fin septembre à un point bas historique (9,90 euros) avant de regagner du terrain. A 11H30 GMT vendredi, elle grimpait de 2,12% à 18,13 euros euros à la Bourse de Francfort, après un début de séance en hausse de plus de 4%.

"La probabilité d'une augmentation de capital à relativement court terme a diminué", un soulagement pour les investisseurs, estime Michael Seufert, analyste de la banque Nord/LB.

"L'accord est douloureux pour Deutsche Bank" mais "somme toute positif", juge pour sa part Ingo Frommen, de la banque LBBW.

S'il devrait peser à hauteur de 1,17 milliard de dollars sur le résultat avant impôts du quatrième trimestre, il n'aura "pas d'influence substantielle" sur le bilan 2016, a assuré la banque.

Des incertitudes demeurent toutefois, car il n'y a pas de garantie d'accord tant que les documents définitifs ne sont pas sur la table, a prévenu Deutsche Bank. "Il reste une possibilité, quoique petite, que l'accord puisse encore échouer, par exemple en cas d'intervention du nouveau gouvernement américain", souligne M. Frommen.

En outre, le géant bancaire allemand est loin d'en avoir fini avec les ennuis judiciaires, alors que son nom est cité dans près de 8.000 litiges dans le monde. Selon les calculs de l'agence Bloomberg News, Deutsche Bank a dû verser plus de 9 milliards de dollars depuis 2008, que ce soit pour manipulations du taux interbancaire Libor ou pour violation d'embargos américains contre la Syrie et l'Iran.

Confrontée comme ses concurrentes européennes à un environnement de taux bas et à un durcissement de la réglementation bancaire, Deutsche Bank doit également mener à bien le plan de restructuration porté par son patron John Cryan, qui prévoit 9.000 suppressions d'emplois sur les quelque 100.000 que compte le groupe à l'horizon 2020.

Amende pour Credit Suisse

Dans le même dossier des subprime, la banque helvétique Credit Suisse a annoncé vendredi qu'elle allait devoir payer 5,3 milliards de dollars (4,9 milliards d'euros) aux Etats-Unis.

Le numéro deux de la banque en Suisse va pour cela constituer une provision supplémentaire de 2 milliards de dollars, une somme qu'elle passera dans ses comptes du quatrième trimestre.

La britannique Barclays est pour sa part poursuivie pour son rôle dans la crise des prêts immobiliers toxiques, a annoncé jeudi le département américain de la Justice. Un fait assez inhabituel, la plupart des banques concernées ayant accepté des règlements financiers à l'amiable pour éviter des actions en justice.

Quatre grandes banques américaines, JPMorgan Chase, Citigroup et Morgan Stanley et Bank of America ont déjà accepté de payer un montant cumulé de 40 milliards de dollars pour solder des poursuites liées aux RMBS.

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