Après Dexia : à qui le tour ?

13/10/11 à 16:56 - Mise à jour à 16:56

Source: Trends-Tendances

KBC serait "six fois moins vulnérable que Dexia en termes de solvabilité liée aux PIIGS, et deux fois moins fragile d'un point de vue liquidité", selon un analyste. Quid de BNP Paribas, maison mère de l'ex-Fortis Banque ?

Après Dexia : à qui le tour ?

© Montage Thinkstock/PG

Pour Christophe Nijdam, analyste chez AlphaValue à Paris, la situation financière des autres grandes enseignes du pays n'est pas comparable à celle de Dexia. A commencer par celle de KBC, dernier joyau de la finance du royaume, qui apparaît comme plus solide que Dexia.

Selon ses calculs, l'exposition aux pays de la zone euro en difficulté (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne) ne représente "que" la moitié (43 %) des fonds propres de KBC, alors que, pour Dexia, elle équivaut à deux fois et demi (253 %) ses capitaux propres, ou encore 62 % pour BNP Paribas (maison mère de l'ex-Fortis Banque).

Par ailleurs, le groupe flamand ne connaît pas les mêmes difficultés que Dexia sur le terrain du besoin de financement à court terme. Les dépôts des clients représentaient près de la moitié (48 %) du bilan de KBC à la fin de 2010, contre 22 % chez Dexia. "Le problème de liquidité est donc moins prégnant", juge Christophe Nijdam.

D'autant que KBC a réduit ses activités les plus risquées et se concentre davantage sur son métier traditionnel de bancassureur. Elle a notamment réduit son portefeuille de trading de plus de moitié entre 2007 et 2010 : ses activités de marché ne représentent plus que 18 % de son bilan, contre un bon tiers à l'époque. Bref, "KBC est six fois moins vulnérable que Dexia en termes de solvabilité liée aux PIIGS et deux fois moins fragile d'un point de vue liquidité".

Quant à BNP Paribas, la banque s'est engagée à faire maigrir son portefeuille de trading d'ici à la fin de 2012 pour l'amener en dessous de la barre des 40 % (contre 55 % en 2007), "tandis que la reprise de Fortis l'a aidée à faire passer les dépôts de ses clients d'un petit cinquième à près de 30 % dans son bilan 2010", conclut Christophe Nijdam, sans toutefois se prononcer aussi radicalement sur la santé financière de la banque française que sur celle de KBC.

Sébastien Buron

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