Affaire Kerviel : de la méga-fraude au procès en 14 dates-clés

08/06/10 à 10:04 - Mise à jour à 10:04

Source: Trends-Tendances

Le procès de Jérôme Kerviel s'ouvre devant le tribunal correctionnel de Paris et devrait s'étendre un peu plus de deux semaines. De l'annonce d'une fraude de près de 5 milliards d'euros à la publication du livre "L'Engrenage, Mémoires d'un trader", retour sur les deux années qui ont fait vaciller la Société Générale... entre autres.

Affaire Kerviel : de la méga-fraude au procès en 14 dates-clés

© Epa

"Célibataire, consultant informatique" avec un revenu de "2.300 euros" par mois : l'ancien trader Jérôme Kerviel, qui jonglait avec les milliards de la Société Générale, s'est présenté sobrement devant ses juges mardi à l'ouverture de son procès à Paris.

Vêtu d'un costume gris sombre, le jeune homme de 33 ans encourt cinq ans de prison, 375.000 euros d'amende et des dommages et intérêts à hauteur de la perte record subie par la banque française début 2008, soit 4,9 milliards d'euros. L'affaire Kerviel, emblématique des excès de la finance, précédait de quelques mois la crise des subprimes qui allait précipiter l'économie mondiale au bord du gouffre.

Entouré d'une nuée de caméras, Jérôme Kerviel était arrivé au palais de justice de Paris en compagnie de son avocat, Me Olivier Metzner, une star du barreau. L'ancien trader n'a pas souhaité faire de déclaration.

Selon l'accusation, il a pris des positions spéculatives exorbitantes sur les marchés financiers à l'insu de sa hiérarchie, en déjouant les contrôles à l'aide d'opérations fictives, mensonges et fausses déclarations. Plus de 40 témoins ont été cités, dont une bonne trentaine par la défense. Traders, anciens chefs de Jérôme Kerviel, comptables, juristes et experts des marchés financiers se succéderont à la barre.

L'enquête judiciaire n'a pas établi de complicités et Jérôme Kerviel est seul poursuivi au pénal pour abus de confiance, faux et usage de faux et "introduction frauduleuse de données" dans un système informatique.

24 janvier 2008 : la Société Générale annonce une "fraude" de 4,9 milliards d'euros dans ses activités de produits financiers dits "dérivés". Selon la banque, le trader Jérôme Kerviel a "dissimulé ses positions grâce à un montage élaboré de transactions fictives". Il est mis à pied. Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour escroquerie, abus de confiance aggravé, faux et usage de faux, complicité et recel. La banque dépose une plainte.

26 janvier : Kerviel est mis en garde à vue.

28 janvier : ouverture d'une information judiciaire. Les juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset sont saisis. Kerviel est mis en examen (inculpé), notamment pour "abus de confiance, faux et usage" et laissé en liberté sous contrôle judiciaire.

29 janvier : la Société Générale se constitue partie civile, c'est-à-dire qu'elle se considère comme victime des agissements du trader.

8 février : Kerviel est écroué.

20 février : la banque estime qu'"aucune preuve de détournement ou de complicité interne ou externe (...) n'a été constatée" et que "d'éventuelles usurpations informatiques n'ont pas in fine été avérées".

18 mars : Kerviel est remis en liberté.

23 mai : un rapport d'audit évoque un "environnement général" ayant conduit à des "dépassements fréquents de limites de risque" dans le service de Kerviel.

2 juillet : un rapport de la police conclut que Jérôme Kerviel a "abusé de la confiance" et "profité de la négligence de sa hiérarchie".

4 juillet : la Commission bancaire, régulateur du secteur en France, inflige un blâme et une amende de 4 millions d'euros à la Société Générale pour des "carences graves du système de contrôle interne".

26 janvier 2009 : fin de l'enquête.

31 août : Kerviel est renvoyé seul devant le tribunal correctionnel de Paris, pour abus de confiance, faux et usage et faux, introduction frauduleuse de données dans un système automatisé.

5 mai 2010 : parution chez Flammarion du livre de Jérôme Kerviel, L'Engrenage, Mémoires d'un trader.

8 juin : ouverture du procès devant le tribunal correctionnel (jusqu'au 25 juin).

Trends.be, avec Belga

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