Affaire Fortis: Campagne de presse contre tentative d'intimidation

19/11/12 à 07:43 - Mise à jour à 07:43

Source: Trends-Tendances

Dans un communiqué publié dimanche, Jean-Paul Votron se disait victime d'une campagne de presse colportant des accusations d'escroquerie et de tromperie qu'il conteste et qui portent atteinte à sa présomption d'innocence et son intégrité morale. Ce que l'avocat des 1.200 actionnaires a rapidement qualifié de "tentative d'intimidation" de la part de Voltron.

Affaire Fortis: Campagne de presse contre tentative d'intimidation

© BELGA

M. Votron cite ainsi des articles de presse du 27 octobre dans lesquels Me Arnauts évoque une escroquerie de Fortis et de ses dirigeants, qui auraient selon lui caché des informations pour améliorer la présentation de la situation de la banque avant sa débâcle.Il dénonce aussi la parution dans la presse, le 10 novembre, des conclusions de l'auditeur de la FSMA, l'autorité des services et marchés financiers, alors que ce document fait partie de l'instruction et ne peut donc être communiqué, selon lui.

La publication dans la presse ce week-end des auditions de Maurice Lippens, ex-président de Fortis qui aurait "chargé" M. Votron, constitue aux yeux de ce dernier le point culminant d'une "campagne de presse". Il dit ne pas pouvoir réagir parce qu'il n'a pas eu accès au dossier répressif.

L'ancien CEO conteste les accusations d'escroquerie et de tromperie. Jugeant qu'elles portent gravement atteinte à sa présomption d'innocence et à son intégrité morale, M. Votron a porté plainte contre Me Arnauts.

L'instruction du volet pénal du dossier Fortis n'a débouché sur aucune inculpation et le dossier a été transmis au parquet, qui devra faire la lumière sur la communication du groupe avant son démantèlement et la chute de la valeur de ses actions en 2008, lors de la crisedes subprimes.

"Une tentative d'intimidation" selin Me Arnauts

L'avocat Laurent Arnauts, qui défend 1.200 actionnaires de l'ex-groupe Fortis, a qualifié dimanche de tentative d'intimidation l'annonce par l'ancien CEO du groupe Jean-Paul Votron d'une plainte à son encontre.

Me Arnauts assure s'être exprimé avec la prudence nécessaire lors de l'interview critiquée du 27 octobre dernier au journal l'Echo. Il affirme n'avoir mis personne en cause nommément et n'avoir formulé aucune accusation à caractère pénal autrement que de façon hypothétique, rappelant qu'à ses yeux l'enquête n'était pas terminée.

Me Arnauts continue d'affirmer que toute l'information requise n'a pas été transmise comme il se devait aux actionnaires et/ou au marché. Cette thèse "est le fondement de la constitution de partie civile", souligne-t-il.

Il était indispensable à ses yeux de donner aux médias sa lecture du dossier dès lors que l'absence d'inculpation "était à tort interprétée par la presse et le public comme une indication que l'enquête n'avait pas donné de résultats, et que par conséquent les actionnaires de l'ex-Fortis étaient sans recours".

Laurent Arnauts dit regretter la réaction arrogante de Jean-Paul Votron, qu'il attribue à une volonté d'esquiver le débat de fond en personnalisant celui-ci. "Ce genre de tentative d'intimidation n'entame en rien ma sérénité dans l'accomplissement de mon métier", assure l'avocat.

Trends.be avec Belga

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