2012, année porteuse pour les actions

17/11/11 à 16:12 - Mise à jour à 16:12

Source: Trends-Tendances

Une lueur au bout du tunnel ? D'après les stratèges de JPMorgan Asset Management, la probabilité est grande que l'année 2012 soit porteuse pour les marchés d'actions.

2012, année porteuse pour les actions

© Reuters

Malgré la faible visibilité sur l'évolution économique tant aux Etats-Unis qu'en Europe dans les prochains mois, David Shairp, Global Strategist auprès de JPMorgan Asset Management, s'est prêté au difficile exercice de réaliser des prévisions quant à l'orientation à venir des marchés financiers.

"Les actions ont beaucoup souffert en 2011. Toute la question est de déterminer si l'évolution conjoncturelle va mettre un terme à cette spirale baissière ou si la dépression structurelle des marchés est amenée à perdurer encore un bon moment", s'interroge David Shairp. "Il ne faut pas minimiser les plans d'austérité mis en oeuvre actuellement. Ils sont lourds, même très lourds, mais il est difficile d'estimer l'impact qu'ils auront sur les bilans des entreprises et sur la demande extérieure, provenant d'Asie entre autres", ajoute-t-il, préférant croire que tous les espoirs de croissance ne sont pas perdus.

Pour l'heure, nous sommes en phase de stagflation qui se caractérise par une croissance en berne et une inflation en progression. Des signes encourageants en termes de croissance et de réduction de l'inflation tendent à démontrer que nous devrions sortir de ce cycle de stagflation dans les trois mois à venir. Toute la question est de savoir si nous évoluons vers une situation d'inflation où l'inflation et la croissance évoluent vers le haut de concert, ou si au contraire nous allons vers un environnement déflatoire, bien moins avantageux, caractérisé par un recul de l'inflation et de la croissance.

L'Europe dans l'impasse

"Il n'est vraiment pas évident aujourd'hui de déterminer dans quelle direction nous allons. L'Europe a démontré sa bonne volonté en adoptant un plan de stabilité financière relativement fort et en prenant à bras le corps son problème d'endettement. Mais un élément crucial a été oublié : restaurer la compétitivité européenne. Les pays européens prennent des mesures drastiques d'économies mais ne font rien pour préserver la croissance. Bien au contraire", juge le stratège de JPMorgan AM, pessimiste quant aux perspectives économiques européennes.

"Par contre, les Etats-Unis montrent des signes de redressement. Nous sommes actuellement dans une faible zone d'accélération de la croissance économique. Nous ne savons pas combien de temps cette phase positive va persister mais nous sommes relativement confiants pour 2012".

Le stratège JPMorgan AM est également très confiant dans les capacités de l'Asie d'aller de l'avant. La Chine, surtout, n'a pas dit son dernier mot après avoir démontré sa capacité à ralentir son économie sans pour autant donner un coup de frein trop brusque. L'inflation chinoise commence à montrer des signes d'essoufflement laissant la porte ouverte à de nouvelles mesures de politique monétaire accommodante, comme des baisses de taux d'intérêts, ce dont les marchés financiers sont particulièrement friands.

Tous ces éléments devraient nous mener vers une situation de "désinflation" (probabilité de 60 %) caractérisée par une croissance molle, comme c'est déjà le cas actuellement, mais accompagnée par des mesures d'assouplissement monétaire afin de relancer la machine.

"Nous n'avons pas de certitude mais des signes encourageants semblent indiquer que 2012 devrait être une année plus favorable aux marchés d'actions que 2011, si nous arrivons à éviter le scénario de la déflation", relève David Shairp.

Actions versus obligations

Concrètement, le stratège de JPMorgan AM surpondère très légèrement les actions par rapport aux obligations avec une préférence pour les actions américaines (grandes capitalisations) et les actions émergentes dont les valorisations sont particulièrement attractives.

Sur le front obligataire, les obligations d'Etat sont délaissées à la faveur des obligations d'entreprises offrant un meilleur rapport rendement/risque avec pour ces dernières un biais positif pour les obligations émergentes et américaines à haut rendement.

Karine Huet, à Londres

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