Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

06/02/12 à 10:01 - Mise à jour à 10:01

Austérité ou pas : qui a raison ? Mystère !

Le malade est là, allongé sur son lit, mais les médecins économistes assis à son chevet n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le traitement à lui administrer.

En Belgique, le débat a commencé avec le coup de gueule de Paul Magnette. Ce ministre avait dit que les mesures d'austérité budgétaires imposées par l'Europe nous conduiraient à 15 ans de récession. Il s'est aussitôt fait flinguer par les commentateurs du nord du pays, pour qui l'austérité est une potion amère certes, mais nécessaire.

En réalité, personne ne sait aujourd'hui quelle est la bonne médecine à administrer pour sortir de cette crise. Paul De Grauwe, l'économiste flamand le plus célèbre à l'étranger, pense exactement comme Paul Magnette : trop de rigueur finira par nous enfoncer dans la récession. Aux yeux de cet économiste, "nous sommes dans une situation de dictature des créanciers. Et comme ils sont tous débiteurs, les pays n'osent pas s'y opposer." Et Paul De Grauwe d'ajouter que "la Commission européenne aurait dû dire : les mesures d'austérité sont indispensables mais, vu la récession qui s'installe, il serait bon de les différer. Or, elle a fait exactement l'inverse."

C'est tout le débat qui a lieu aujourd'hui. D'un côté, certains affirment que l'austérité ne marche pas. La meilleure preuve, c'est que la Grèce a appliqué cette méthode, avec pour résultat que ce pays a aggravé sa situation. Second exemple : la Grande-Bretagne a appliqué des mesures budgétaires très sévères mais s'enfonce dans la récession encore plus vite que le continent.

D'autres, à l'inverse, soulignent que l'austérité est nécessaire pour ramener la confiance des investisseurs et des ménages. Leur exemple préféré ? Les Etats-Unis, où Barack Obama a fait exactement l'inverse qu'en Europe : il a mis en place un plan de relance massif. Le résultat n'est pas très probant, selon les républicains, puisque le taux de chômage reste trop élevé et la croissance trop faible.

Qui croire ? Qui a raison ? Personne ne le sait vraiment ! Quant aux études consacrées à ce sujet, elles ne font pas l'unanimité entre les économistes. En conclusion, le malade est là, allongé sur son lit, mais les médecins économistes assis à son chevet n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le traitement à lui administrer.

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