Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

26/12/13 à 10:07 - Mise à jour à 10:07

Austérité contre relance économique

Vous savez que depuis que cette crise a commencé, il y a 5 ans maintenant, il y a un véritable débat idéologique entre les partisans de l'austérité et les partisans d'une relance économique.

Ceux qui prônent l'austérité ont jusqu'à présent réussi à imposer leur point de vue, il n'y qu'à avoir ce que font la plupart des gouvernements en Europe. Il faut dire qu'Angela Merkel, la véritable patronne de l'Europe est également convaincue des effets positifs de l'austérité et donc les autres pays suivent sans discuter.

En gros, ces effets positifs, je pourrai les résumer de la sorte : l'austérité, c'est bon, parce que cela rend confiance aux marchés financiers et donc cela détend les taux d'intérêt imposés par ces marchés financiers, et ensuite, parce que l'austérité, paradoxalement, rassurerait les citoyens qui se disent que les finances publiques seront mieux gérées et donc, paradoxalement, leur confiance augmenterait dans l'avenir.

Cela, c'est la version des "austéristes".

De leur côté, les partisans de la relance disent que réduire les dépenses publiques et augmenter les impôts en pleine récession est une hérésie et que cela ne fera qu'aggraver la récession. Et la preuve d'ailleurs, c'est que la zone euro au lieu de sortir de récession est retombée une deuxième fois en récession malgré toutes ces coupes budgétaires.

Le seul "hic" dans ce second raisonnement, c'est que des pays comme l'Irlande, l'Espagne ou plus récemment la Grande-Bretagne ont appliqué à la lettre, et plus qu'à la lettre, les principes des partisans de l'austérité, et les derniers chiffres macroéconomiques semblent indiquer que ces pays se portent mieux aujourd'hui qu'hier ! Au point d'ailleurs, que le ministre des finances britanniques, un conservateur d'autant plus acquis à la cause de l'austérité qu'il est issu d'une famille très aisée, a revendiqué ces bons chiffres grâce à la cure de choc qu'il a imposé au pays. Il a même déclaré triomphalement que ceux qui prônaient un plan B (autrement dit, une relance) en sont pour leurs frais car la démonstration vient d'être faite que l'austérité, ça marche !

Paul Krugman, le Prix Nobel d'économie, bien connu, n'en croit pas un mot ! Pour lui, cette amélioration de l'économie britannique est factice. Elle lui fait penser à ce sketch de cet homme qui se tape la tête contre le mur, et quand on lui demande pourquoi il fait cela ? il répond : parce que je me sens mieux quand je m'arrête.
Ce que Krugman veut dire par cet exemple, c'est qu'une fois que la cure de choc s'arrête, il est normal que l'économie reprenne malgré tout des couleurs, car la tendance générale de nos économies est à la croissance.

Mais pour autant cela ne valide pas pour autant le bien-fondé de l'austérité ; la preuve 70% des britanniques estiment via un sondage que la reprise économique de leur pays n'a pas amélioré leur situation et ensuite parce que pour 5ème année consécutive, l'évolution des salaires est inférieure à l'inflation. Il y a là de quoi faire réfléchir en effet...

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