Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

27/05/14 à 14:37 - Mise à jour à 14:37

Aucune banque n'est au-dessus de la loi!

Aucune banque ou aucune institution n'est au-dessus de la loi. C'est en gros le message qu'a martelé hier encore le ministre de la justice américaine. Il faut dire que son département a fait fort en menaçant d'une très forte amende deux banques étrangères, actives sur son territoire, à savoir Crédit Suisse et BNP Paribas.

Les élections sont passées, et maintenant... ? L'électeur a voté, on connait maintenant son choix et il est clair qu'entre le nord et le sud du pays, le divorce politique n'a jamais été aussi fort. La constitution d'un gouvernement fédéral risque d'être plus compliquée qu'au niveau régional. D'où la question, va-t-on revivre l'ancienne crise de 541 jours sans gouvernement fédéral ?

La question mérite d'être posée, car si c'était le cas, nous serions à nouveau attaqués par les marchés financiers qui feraient automatiquement grimper les taux d'intérêt de nos obligations et rendraient le financement de notre dette publique très difficile. Mais à écouter les spécialistes, ce scénario ne se répétera pas. Et cela pour plusieurs raisons.

D'abord, parce que le calme est revenu sur les marchés financiers, et la petite Belgique, à elle seule, ne fera pas revenir les tensions. Ensuite, l'histoire a démontré que notre pays peut survivre à un blocage politique pendant longtemps sans disfonctionnement majeur sur le plan économique ou institutionnel.

Et tertio, la Belgique a levé 2 milliards d'euros pour son financement, le lundi 20 mai, c'est-à-dire une semaine avant les élections, et cela, à un taux historiquement bas. Ce qui signifie que les marchés financiers ne croient pas en un blocage politique du pays. C'est déjà en soi un signe positif. Comme les taux d'intérêt payés pour notre dette publique sont très, très bas, nous avons de la marge, donc du temps, avant qu'ils remontent.

Par ailleurs, comme le faisait remarquer Vincent Laborderie, politologue à l'UCL, nous ne sommes plus dans le même contexte qu'au lendemain des élections de 2010. Pourquoi ? Parce que si au niveau des résultats, nous sommes dans le même contexte, la différence entre 2010 et 2014, c'est qu'à l'époque tous les partis flamands exigeaient une réforme de l'Etat, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.
Le seul parti qui voudrait encore avancer sur le sujet, c'est la N-VA.

Et puis l'autre différence majeure, c'est qu'en 2010 personne ne s'attendait à voir la N-VA à ce niveau-là, pas même la N-VA elle-même. Aujourd'hui, tous les partis du pays savaient à quoi s'en tenir et s'y sont donc préparés. En clair, cela évite tous les préliminaires, et cela permet d'avancer plus vite dans la constitution d'un gouvernement. Et voilà pourquoi la plupart des spécialistes ne croient pas à une crise qui pourrait durer plus de 500 jours comme en 2010.

Petit bémol toutefois : les marchés lorsqu'ils s'énervent ou s'impatientent ne sont pas sympathiques, c'est vrai, mais ils ont au moins un avantage, c'est celui de mettre la pression sur l'urgence de former un gouvernement. Cette pression sera absente cette fois-ci, et il faudra uniquement compter sur la bonne volonté des politiques autour de la table pour concilier les intérêts d'une Flandre qui a voté à droite à 68% et une Wallonie qui a réussi l'exploit de faire entrer un parti marxiste sur la scène politique.

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