Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

08/08/13 à 10:47 - Mise à jour à 10:47

Attention votre argent ne vous appartient plus!

Votre argent ne vous appartient plus ! Si vous avez des doutes sur ce que je viens de dire, il est sans doute bon de regarder ce qui s'est passé cet été en catimini à Chypre et en Australie. Profitant de la torpeur estivale et du fait que le grand public est légitimement préoccupé par les nouvelles concernant des trains qui déraillent ou les accidents de bus, deux nouvelles importantes pour les épargnants sont passées inaperçues...

La première concerne Chypre ! Souvenez-vous, il y a quelques mois, le gouvernement de Chypre avait fait le maximum pour tenter de diminuer la taxation des dépôts bancaires en contrepartie d'une aide de l'Europe à Chypre. Finalement, mine de rien, la Banque centrale européenne et le FMI sont restés sourds aux propos du gouvernement chypriote. Alors qu'on pensait qu'il y aurait juste une taxe de 9,9% au-delà de la barre des 100.000 euros de dépôts, finalement la ponction sur les dépôts bancaires chypriotes ne sera pas de 9,9% mais bien de 47,5% sur les dépôts de plus de 100.000 euros !

Et tout cela est passé en silence durant l'été, sans faire pour le moment grand bruit ! Evidemment, comme au mois de mars dernier lorsque l'affaire de Chypre a éclatée, il y aura toujours des personnes pour dire que cette ponction est exceptionnelle. Pourquoi pas ? Mais alors comment expliquer que l'Australie vient également d'annoncer qu'elle allait taxer les dépôts bancaires, notamment pour alimenter un fonds de garantie bancaire, autrement dit, pour... protéger les épargnants.

Officiellement, cette taxe ne concernera pas les déposants mais les banques elles-mêmes. Sauf que les banques australiennes, ont déjà annoncé qu'elles seront bien obligées de répercuter cette taxe sur les déposants ; donc, la boucle est bouclée ! Le problème avec ce genre de taxe de 0,05%, on dit toujours que ce n'est qu'un petit chiffre, mais au final, c'est toujours la même façon de procéder : l'essentiel du message, c'est de faire passer la pilule de la nouvelle taxe, en précisant que le pourcentage est faible. Et puis d'année en année, le gouvernement local fera monter ce pourcentage, et tout cela bien sûr dans l'intérêt du client et de l'économie ! En Belgique, les personnes qui sont en société le savent bien, au départ, le gouvernement avait instauré une cotisation unique sur les sociétés et au fil du temps, cette cotisation de unique est devenue récurrente et indexée !

La morale de cette histoire de taxation des dépôts bancaires est double selon l'optique que l'on choisit : soit on se dit que la crise étant là, il faut bien que les créanciers contribuent à équilibrer le budget des Etats, soit on se dit, que c'est un scandale et que comme les impôts ne suffisent pas, quoi de plus simple que d'aller piquer directement dans le bas de laine des individus... A vous de choisir votre camp !

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