ArcelorMittal - "On risque de criminaliser chaque jour davantage les mouvements sociaux"

20/02/13 à 18:08 - Mise à jour à 18:08

Source: Trends-Tendances

(Belga) "Tout comme la Ligue des Droits de l'Homme, nous sommes extrêmement inquiets du flou qui entoure la transposition, en droit belge, de la directive européenne sur la lutte anti-terroriste. Cette dernière risque de criminaliser chaque jour davantage les mouvements sociaux en assimilant les manifestations à des actes terroristes", a déclaré Nico Cué, secrétaire général des Métallos Wallonie-Bruxelles, lors d'un point presse au Parlement européen.

ArcelorMittal - "On risque de criminaliser chaque jour davantage les mouvements sociaux"

Le responsable du syndicat socialiste y était invité, en compagnie de John David - le travailleur qui a perdu un oeil lors de la manifestation des sidérurgistes d'ArcelorMittal à Strasbourg le 6 février dernier -, par le député européen français Jacky Hénin (Gauche unitaire européenne). "Le député s'est excusé au nom de la France pour les violences commises par les forces de l'ordre", a expliqué Nico Cué en évoquant la "ratonnade" qui attendait les manifestants dès leur sortie des cars. "Dès le début, nous avons été confrontés à une volonté d'humiliation des travailleurs, qui ont directement été cueillis à coups de flash-ball", a ajouté le responsable du syndicat socialiste. Finalement, deux manifestants liégeois seront temporairement arrêtés et un intérimaire d'ArcelorMittal - John David - perdra définitivement un oeil après avoir été blessé au visage. "Pour lui, le combat continue. Il a déposé plainte contre X et contre l'Etat français", a encore indiqué Nico Cué sans en dire davantage afin de ne pas nuire à l'enquête. "Nous avons par ailleurs profité de l'invitation au Parlement européen pour faire part de notre plus vive inquiétude quant au flou qui entoure la transcription, dans la loi belge, de la directive européenne anti-terroriste. Le véritable danger, c'est que les manifestations soient désormais considérées comme des actes terroristes", a-t-il ajouté. Ce texte prévoit notamment l'introduction d'une disposition dans le Code pénal, l'article 140bis, rendant punissable l'incitation directe ou indirecte à commettre un acte terroriste. Ce projet, s'il est adopté, "fera peser d'importantes menaces sur l'exercice de la liberté d'expression de certains mouvements sociaux", avait déjà dénoncé la Ligue des Droits de l'Homme au début du mois de février. (PVO)

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