Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

02/08/12 à 15:54 - Mise à jour à 15:53

Apple vs Samsung : la guerre des brevets

Nous sommes au tribunal de commerce de San José en Californie. A ma gauche, la société américaine Apple et à ma droite, la société sud-coréenne Samsung. Face aux dirigeants de ces deux géants de l'électronique, vous avez un juge et dix jurés. Ils ont quatre semaines pour se prononcer et pour répondre à la question : Samsung a-t-il copié les produits d'Apple pour lui rafler des parts de marché ?

Si cette bagarre entre ces deux géants se termine devant un tribunal, c'est parce que toutes les tentatives de médiation à l'amiable ont échoué. D'un côté Apple n'en démord pas et clame partout que Samsung a copié la forme et l'interface de l'iPhone et de l'Ipad, dans le but bien entendu de développer ses propres téléphones Galaxy et ses tablettes. D'autre part, Samsung ne se laisse pas faire et affirme notamment qu'Apple chercher à l'exclure "sans raison" du marché des smartphones et des tablettes. Et pour faire bonne mesure, Samsung accuse aussi Apple d'avoir violé plusieurs de ses technologies. Chacun crie au voleur à la tête de l'autre.

Soyons clairs : Au-delà de ce procès sur les brevets des uns et des autres, l'enjeu est essentiellement économique. C'est une bataille pour la suprématie du marché des appareils mobiles, un marché évalué à 254 milliards d'euros. Ce n'est donc pas de la petite bière et quand on sait qu'Apple et Samsung se partagent à eux deux déjà 50% de parts de marché de ce secteur, le procès qui vient de démarrer en Californie s'annonce sanglant.

Pour Apple, c'est son rôle d'icône de la high-tech qui est menacé ainsi que sa capacité à dégager un cash-flow exceptionnel grâce à ces objets tant convoités que sont les iPhones et les iPad. Si Apple ne gagne pas ce procès, il risque de faire face à une concurrence de plus en plus rude, surtout en période de crise, où les prix pratiqués par l'entreprise californienne restent dissuasifs et peuvent inciter encore plus de consommateurs à opter pour des offres alternatives, jugées aussi bonnes sur le plan technologique. Quant à Samsung, perdre ce procès pourrait remettre en cause pas moins de 20% de ses bénéfices. Pas de doutes : les avocats des deux parties ne vont pas se faire de cadeau.

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