La Grèce reçoit 237 milliards d'euros après une négociation marathon
mardi 21 février 2012 à 06h21
Après plus de 12 heures de négociations, la Grèce va bénéficier d'un second plan de sauvetage. En échange des 237 milliards d'euros, cette dernière va encore être davantage surveillée.

© Image Globe
La Grèce va bénéficier d'une aide publique de 130 milliards d'euros dans le cadre de son second plan de sauvetage et d'un effort plus important que prévu du secteur privé, qui a accepté de subir une décote de 53,5% sur la dette grecque, selon une source européenne.
Les ministres des Finances de la zone euro se sont mis d'accord, au terme de douze heures de négociations, sur le plan de sauvetage de la Grèce qui comprend à la fois une aide publique et un plan d'effacement partiel de la dette.
Ce plan d'aide sur lequel les partenaires d'Athènes se sont mis d'accord dans la nuit de lundi à mardi à Bruxelles permettra de ramener le taux d'endettement du pays "à 120,5%" du PIB en 2020, selon une source gouvernementale européenne.
Un plan de sauvetage record de 237 milliards d'euros
Le plan comprend d'une part un volet d'aide publique, des prêts pour l'essentiel, à hauteur de 130 milliards d'euros jusque fin 2014, après un premier programme de soutien en faveur du pays décidé en mai 2010 qui avait atteint déjà 110 milliards d'euros.
L'autre volet porte sur un effacement de la dette de la Grèce détenue par ses créanciers privés, banques et fonds d'investissement. Ils doivent accepter une perte de 53,5% au final, soit un effort accru par rapport à l'objectif initial qui était de 50%. Cela doit permettre de réduire la dette du pays d'un montant de 107 milliards d'euros, un record dans l'histoire économique mondiale. Cela dépasse de loin la restructuration de la dette de l'Argentine, dont la dette atteignait 82 milliards de dollars (73 milliards d'euros environ au cours de l'époque) lorsqu'elle avait fait défaut, en janvier 2002.
Grâce à ce plan de soutien, la Grèce devrait être en mesure de faire face à une échéance de remboursement de 14,5 milliards d'euros qui tombe le 20 mars et ainsi d'éviter le défaut de paiement. A condition toutefois que les banques répondent en nombre suffisant à l'appel. Elles se verront offrir en échange de leurs titres de dette grecque actuels de nouvelles obligations grecques de valeur inférieure ainsi que des titres émis par le Fonds de secours de la zone euro.
L'annonce de l'accord a immédiatement fait bondir l'euro, sur lequel les investisseurs se sont rués: la monnaie unique européenne, qui ne valait que 1,3185 dollar à 02H40 GMT, a grimpé à 1,3287 dollar à 03H10 GMT. Les cours du pétrole étaient aussi en nette hausse mardi en Asie, juste après l'annonce de l'accord.
La Grèce "très satisfaite"
"Nous sommes très satisfaits" à la fois concernant l'accord sur l'effacement de la dette publique à hauteur de 107 milliards d'euros par les banques privées créancières et sur la promesse de prêts publics à hauteur de 130 milliards d'euros jusqu'à fin 2014, a-t-il dit à la presse à l'issue d'une réunion à Bruxelles des ministres des Finances de la zone euro.
En contrepartie, la Grèce s'est engagée à mettre en place de douloureuses mesures d'économies budgétaires et à réformer son économie. "Nous devons mettre en oeuvre le programme dans les temps et de manière efficace", a dit le chef du gouvernement grec à la presse. Le gouvernement actuel "est déterminé à le faire et je suis convaincu qu'après les élections le gouvernement sera aussi déterminé à mettre en oeuvre le programme, car c'est dans l'intérêt du peuple grec", a-t-il ajouté.
Le FMI ne décidera de sa participation au plan d'aide qu’en mars
"Je proposerai le sujet au conseil d'administration du FMI pendant la deuxième semaine de mars", a déclaré Mme Lagarde, ajoutant que l'aide du FMI serait "conditionnée aux actions préalables que la Grèce s'est engagée à entreprendre d'ici fin février" en matière de coupes budgétaires. Le FMI avait participé à hauteur d'un tiers au précédent programme d'aide à la Grèce, d'un montant de 110 milliards d'euros, lancé en 2010. Le Wall Street Journal a avancé ces jours derniers que la contribution du FMI au nouveau plan d'aide serait limitée à 13 milliards d'euros. Mme Lagarde, interrogée au cours de la conférence de presse qui a suivi la réunion de l'Eurogroupe mardi matin à Bruxelles, n'a pas confirmé ce chiffre.
Steven Vanackere : un accord qui offre des perspectives à la Grèce
L’accord signé cette nuit devrait permettre de ramener la dette grecque à un niveau de 120,5% du PIB, selon Steven Vanackere. Pour y arriver, les créanciers privés de la Grèce devront faire un effort supplémentaire et le gouvernement devra faire de nouvelles économies. Les pays de la zone euro renonceront à une partie des revenus qu'ils tirent du fait que la Grèce paie un taux plus élevé que le leur. "Moralement, c'est juste. On met fin au paradoxe qui nous faisait gagner de l'argent par ce biais", souligne Steven Vanackere. La Belgique aussi laissera tomber une partie de ces revenus, mais cet effort n'est "pas de nature à déstabiliser le budget". En échange de "l'engagement clair" des pays de la zone euro, la Grèce doit selon lui accepter un "monitoring plus strict" et "une présence plus forte de la Commission européenne".
Quid des autres pays fragiles ?
"Je suis optimiste sur le fait que les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro" lors de leur prochain sommet début mars "seront en mesure de confirmer une augmentation de la capacité de prêt combinée" du Fonds de secours actuel (FESF) et de celui qui va lui succéder en juillet (MES), a-t-il dit. Cette capacité combinée est limitée actuellement à 500 milliards d'euros. Elle est jugée insuffisante par de nombreux économistes pour éviter une contagion de la crise de la dette à d'autres pays comme l'Italie ou l'Espagne. Jusqu'ici, l'Allemagne s'est montrée très réservée concernant une hausse de la capacité de prêts du Fonds de secours. Mais elle accepté de parler du sujet lors du sommet européen des 1er et 2 mars. Une première discussion a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi entre les ministres des Finances. Une des options sur la table consisterait à combiner ce qui reste du FESF aujourd'hui, soit autour de 250 milliards d'euros, à l'enveloppe prévue pour le MES, à savoir 500 milliards d'euros, soit quelque 750 milliards d'euros au total. M. Juncker a dit aussi s'attendre à ce que les dirigeants européens à cette occasion décident d'accélérer les versements en capital au MES.
Trends.be avec Belga
Réactions
Dans un article très sévère pour la Grèce, le Daily Mail a énuméré quelques uns de ces gaspillages ou abus fiscaux contre lesquels le gouvernement de Papandreou tente de lutter : > 1. Le métro d’Athènes est climatisé et offre des écrans plasma pour distraire les voyageurs. Et il est gratuit pour les cinq millions d’habitants de la capitale. Plus exactement, il ne l’est pas, mais comme il n’y a pas de barrière pour empêcher les usagers sans ticket de passer, rares sont les passagers qui se soucient d’acheter leur billet.C’est le contribuable européen qui a payé le métro athénien qui a coûté près de 1,7 milliard d’euros. > 2. Le salaire moyen (annuel) des employés de la compagnie nationale ferroviaire grecque est de 70.000 euros, ce qui englobe les ouvriers et les agents de nettoyage des trains, et qui représente le triple des employés du secteur privé grec. > 3. Par ailleurs, le chiffre d’affaires annuel de cette compagnie est d’environ 90 millions d’euros, pour une masse salariale de près de 575 millions d’euros annuels, ce qui a même fait ironiser un politicien grec qui a remarqué qu’il eut mieux valu payer des taxis privés pour les déplacements des passagers. > 4. En une décennie, la masse salariale du secteur public a doublé. > 5. Plus de 600 professions bénéficient d’une retraite à 50 ans, avec une pension correspondant à 95 % du salaire de la dernière année, en raison de leur caractère « ardu et périlleux ». Ces professions englobent les pâtissiers, les animateurs de radio, les coiffeurs et les masseurs des bains turcs. > 6. Les déclarations d’impôts sont rédigées par les contribuables eux-mêmes, et sont rarement vérifiées. Ainsi, seuls 5.000 personnes sur un pays de 12 millions d’habitants admettent gagner plus de 100.000 euros annuels. Or, plus de 60.000 foyers grecs détiennent pour plus de 1 million d’ euros d’investissements, sans parler des montants investis à l’étranger. Beaucoup de contribuables grecs affirment ne gagner que 12.000 euros annuels, même lorsqu’ils possèdent des bateaux, des résidences secondaires sur des îles grecques et des propriétés à l’étranger. > 7. Lorsque le percepteur s’en agace, ils lui remettent une « fakelaki », une enveloppe contenant des espèces. Il existe même une sorte de tarif informel qui va jusqu’à 10.000 euros pour les foyers les plus riches (il se dit que la famille grecque moyenne paye 2.000 euros par an). > 8. Les grands armateurs grecs, les plus riches de la banlieue riche de Kifissia, sont exonérés d’ impôts, en raison des bénéfices qu’ils sont supposés apporter au pays. Mais les chantiers navals sont maintenant vides, seules 500 personnes restent pour entretenir les navires des compagnies maritimes déclinantes. > 9. Seulement 300 résidents de la Kifissia (une banlieue riche d’Athènes) ont admis détenir une piscine. Le vrai chiffre est estimé à 20.000. > 10. Au total, ces évasions fiscales coûteraient au pays la somme de 45 milliards d’euros à l’année. « Après avoir livré bataille contre la police anti-émeute, qui a fait usage de gaz lacrymogènes pour les disperser, des milliers de manifestants campent toujours sur place en attendant le vote des politiciens grecs de la semaine prochaine qui doit statuer sur les mesures d’austérité imposées par l’Europe. Pourtant, tous ces manifestants devraient retourner leur colère contre leur pays, contre tous ces Grecs qui ont volé leur pays pendant des années sans jamais dénier payer les sommes qu’ils devaient à l'état. », conclut amèrement le DailMail
et nous qui travaillons comme des fous, pouvons nous aussi demander à avoir quelques € en plus. peut-on demander des réduire notre dette vis-à-vis de notre banque
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