La crise a détruit plus de 13 millions d'emplois dans les pays riches
vendredi 16 septembre 2011 à 14h51
Plus de 44 millions de personnes, soit 8,2% de la population active, sont actuellement au chômage dans les pays de l'OCDE. L'organisation s'inquiète particulièrement du chômage des jeunes et de longue durée.

Une agence pour l'emploi à Malaga. L'Espagne a un taux de chômage supérieur à 20%. © REUTERS/Jon Nazca
Le chômage demeure obstinément élevé dans la zone OCDE et les dernières projections économiques indiquent que la création d'emplois devrait rester très faible à court terme, selon un nouveau rapport de l'OCDE. Selon ce rapport, à la mi-2011, le nombre de chômeurs dans la zone s'établit à un peu plus de 44 millions, soit 8,2% de la population active. Un niveau supérieur de plus de 13 millions aux chiffres enregistrés juste avant la crise.
"De toutes les facettes de la crise financière et économique, le chômage élevé est la manifestation la plus visible du défi que pose le rétablissement d'une croissance durable. Il s'agit là du visage humain de la crise", a déclaré le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, lors de la présentation du rapport à Paris.
Le risque que le taux de chômage ne s'installe durablement à un niveau élevé s'est accru parallèlement à la forte augmentation du chômage de longue durée. Aux Etats-Unis, la proportion de demandeurs d'emploi au chômage depuis plus d'un an a triplé et atteint un niveau record de plus de 30%. Elle atteint 48,5% en Italie, 45% en Espagne et 40% en France. Parmi les principales économies de l'OCDE, seule l'Allemagne a enregistré une baisse du chômage de longue durée, même si celui reste au niveau très élevé de 47%.
17% des jenues sont au chômage
"Les pouvoirs publics ne peuvent pas rester sans réagir. Les défis que représentent un chômage élevé et durable, l'amélioration des possibilités d'emploi et la garantie de filets de sécurité sociaux adaptés, devraient figurer en tête de l'agenda politique", a plaidé Angel Gurria.
Autre source d'inquiétude: le chômage des jeunes. Au premier trimestre 2011, le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans s'élevait à 17,4 % dans la zone OCDE, contre 7 % pour les adultes de plus de 25 ans. Le chômage des jeunes est particulièrement élevé en Espagne (46,2%), en Italie (27,6%), au Portugal (27,2%) et en France (23,4%).
"S'attaquer de front au coût humain du chômage, en particulier pour les jeunes qui ne parviennent pas à prendre pied sur le marché du travail doit être une priorité. Il importe notamment de parvenir à une meilleure adéquation entre les acquis scolaires des jeunes et les compétences requises sur le marché du travail", a conclut le secrétaire général de l'OCDE.
Trends.be avec L'Expansion.com
Réactions
Une étude d’économistes et de statisticiens, publiée en Suisse cet été, met en lumière les interconnexions entre les multinationales mondiales. Et révèle qu’un petit groupe d’acteurs économiques – sociétés financières ou groupes industriels – domine la grande majorité du capital de dizaines de milliers d’entreprises à travers le monde. Leur étude, à la frontière de l’économie, de la finance, des mathématiques et de la statistique, fait froid dans le dos. Trois jeunes chercheurs de l’Institut fédéral de technologie de Zurich ont scruté les interactions financières entre multinationales du monde entier. Leur travail – « The network of global corporate control » (le réseau de domination globale des multinationales) – porte sur un panel de 43.000 groupes (« transnational corporations ») sélectionnés dans la liste de l’OCDE. Ils ont mis en lumière les interconnexions financières complexes entre ces « entités » économiques : part du capital détenu, y compris dans les filiales ou les holdings, prise de participation croisée, participation indirecte au capital… Résultat : 80 % de la valeur de l’ensemble des 43.000 multinationales étudiées est contrôlé par 737 « entités » : des banques, des compagnies d’assurances ou des grands groupes industriels. Le monopole de la possession du capital ne s’arrête pas là. « Par un réseau complexe de prises de participation », 147 multinationales, tout en se contrôlant elles-mêmes entre elles, possèdent 40 % de la valeur économique et financière de toutes les multinationales du monde entier. Enfin, au sein de ce groupe de 147 multinationales, 50 grands détenteurs de capital forment ce que les auteurs appellent une « super entité ». On y retrouve principalement des banques : la britannique Barclays en tête, ainsi que les « stars » de Wall Street (JP Morgan, Merrill Lynch, Goldman Sachs, Morgan Stanley…). Mais aussi des assureurs et ds groupes bancaires français : Axa, Natixis, Société générale, le groupe Banque populaire-Caisse d’épargne ou BNP-Paribas. Les principaux clients des hedge fund et autres portefeuilles de placements gérés par ces institutions sont donc, mécaniquement, les maîtres du monde. Cette concentration pose de sérieuses questions. Un réseau financier densément connecté devient très sensible au risque systémique ». Que quelques-uns flanchent parmi cette « super entité », et c’est le monde entier qui tremble, comme la crise des subprimes l’a prouvé. D’autre part, le problème des graves conséquences sociales que pose une telle concentration. Qu’une poignée de fonds d’investissement et de détenteurs de capital, situés au cœur de ces interconnexions, décident, via les assemblées générales d’actionnaires ou leur présence au sein des conseils d’administration, d’imposer des restructurations dans les entreprises qu’ils contrôlent… et les effets pourraient être dévastateurs. Enfin, on ne peut pas occulter l'influence qu'ils exercent sur les États et les politiques publiques ? En témoigne la brûlante actualité des plans d’austérité ! Le blog de Paul Jorion propose une traduction en français de la présentation détaillée de l’étude http://www.pauljorion.com/blog/?p=28360
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