Dexia et Fortis garantis par l'Etat à hauteur de 240 milliards d'euros
mercredi 05 novembre 2008 à 16h49

Dexia et Fortis garantis par l'Etat à hauteur de 240 milliards d'euros
Le gouvernement fédéral compte intervenir en garantie du refinancement interbancaire, auprès de Dexia et Fortis, pour un montant plafonné à 240 milliards d'euros au total, a indiqué mercredi Didier Reynders, ministre des Finances. Côté Dexia, l'Etat belge agit en collaboration avec la France et le Luxembourg, prenant à sa charge 60,5 % de la garantie, soit un plafond de 90 milliards d'euros sur un total de 150 milliards. Pour Fortis, la garantie est plafonnée à 150 milliards d'euros.
Le gouvernement jouira, en contrepartie de son intervention, des rétributions que lui verseront les banques. Ce faisant, il lance au secteur bancaire un appel afin que le volume de crédits octroyés aux entreprises et aux particuliers soit de la même ampleur qu'avant la crise financière.
«J'ai souvent insisté pour que les banques soutiennent l'économie, indiquait la veille Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l'Economie, en commission de l'Economie sur les initiatives wallonnes dans la crise financière. Puisque nous y avons maintenant des administrateurs, ils pourront relayer le message.»
En matière d'accès au crédit, notamment pour les PME, de nombreux problèmes sont relevés depuis un certain temps. A raison ? Pas forcément, si l'on en croit Mathias Dewatripont, professeur à la Solvay Brussels School of Economics & Management de l'ULB (interrogé par L'Echo) : «Il faut éviter de couper les vivres à ceux qui veulent investir et qui ont de bons projets. C'est aux banques à jouer leur rôle. Depuis les interventions successives de l'Etat, elles ont - ou vont avoir - des administrateurs publics. A eux d'être vigilants. Cela dit, je n'ai pas l'impression que beaucoup d'entrepreneurs soient confrontés à des difficultés d'accès au crédit. Le plus gros problème est plutôt la faiblesse de la demande.»
Le gouvernement fédéral et les Régions ont arrêté mercredi un plan en cinq points destiné à prévenir au maximum les conséquences que pourrait avoir la crise financière sur l'économie. Ils se sont ainsi accordés sur la nécessité de «coordonner plus intensivement leurs efforts, tout en respectant les compétences de chaque entité, de sorte que des mesures plus efficaces, cadrant avec l'effort annoncé par l'Europe, puissent être prises», a dit en substance le Premier ministre, Yves Leterme.
Outre le problème de la disponibilité des moyens financiers pour les entreprises et les particuliers, les autorités ont annoncé leur intention de renforcer les initiatives de placement des demandeurs d'emploi, notamment à la suite de plans de restructuration. Elles ont fait part de leur volonté de soutenir le secteur de la construction, en y intégrant notamment la dimension environnementale. Il est notamment question d'examiner la possibilité de flexibiliser les procédures d'octroi de permis.
Les pouvoirs publics intensifieront par ailleurs l'examen de l'évolution des coûts, notamment de l'énergie. Il faut une transparence des prix, alors que le coût de l'énergie baisse actuellement mais continue d'augmenter pour l'utilisateur final, a indiqué Vincent Van Quickenborne, ministre de l'Entreprise.
Enfin, pour pallier le recul des parts de marché à l'exportation, le gouvernement chargera les ambassades d'accentuer leurs efforts diplomatiques au service des Régions.
Rudy Demotte, ministre-président wallon, s'est réjoui, dans la foulée de son alter ego flamand Kris Peeters, de la volonté de l'ensemble des parties de veiller à assurer une bonne coordination face à la crise. Il faut notamment que les mesures prises par les niveaux de pouvoir ne soient pas concurrentielles, a-t-il dit en substance. Ainsi, les Régions restent craintives quant aux conséquences économiques d'une taxe sur les billets d'avion annoncée par le fédéral... Un groupe de travail réunira les ministres concernés vendredi.
Autre dossier qui préoccupe la Région wallonne : celui de la Sonaca, dont Rudy Demotte a dit mercredi qu'elle était «victime du resserrement des conditions bancaires». Selon le ministre-président wallon, il faut que «le fédéral réfléchisse à un mécanisme visant à couvrir les entreprises exportatrices du risque de taux de change».
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