Immobilier : le baromètre des prix transfrontaliers
A l'heure de la globalisation, il semble pertinent de ne pas couper net le marché immobilier aux frontières géographiques, désormais virtuelles, et de se poser la question suivante : quels effets, positifs ou négatifs, les marchés transfrontaliers français et néerlandais ont-ils sur celui des régions belges limitrophes ? Tel est l'objectif du nouveau baromètre transfrontalier réalisé par les fédérations notariales française et belge.
Voici notre analyse des résultats zone par zone, ainsi qu’une sélection de cartes et tableaux éclairants (en fin d’article).
Les Ardennes : Namur, Luxembourg et Charleville-Mézières
Le marché résidentiel de la zone frontalière belge en provinces de Namur et du Luxembourg est principalement composé de maisons d’habitation. Leurs prix tendent à s’y maintenir dans les communes frontalières des arrondissements de Namur et de Dinant alors que ceux-ci progressent dans les arrondissements d’Arlon, Virton et Neufchâteau.
A Neufchâteau, les prix des maisons ont évolué fortement au cours du 2ème trimestre (+23%) après avoir connu un statu quo durant le 1er trimestre 2011. Le dernier prix médian d’une maison d’habitation recensé y est fixé à 160.000 euros.
Dans les communes frontalières de l’arrondissement d’Arlon, c’est au 1er trimestre 2011 qu’on note l’augmentation la plus nette, avec +6,4%. Cette tendance se confirme au cours du 2ème trimestre 2011 avec une nouvelle augmentation de 2,9% et un prix médian à 197.000 euros, soit +9,4% en un semestre seulement.
Dans la zone frontalière de Virton, les transactions sont moins nombreuses, mais on constate également une tendance à la hausse entre le premier et le second trimestre 2011, avec +7,1%. « Notons cependant que le dernier prix médian fixé (150.000 euros) est similaire _ sans plus _ à celui enregistré début 2010 », précise la Fédération du Notariat belge, qui relève au passage le peu de transactions recensées dans cet arrondissement.
Le Hainaut, Avesnes-sur-Helpe & Valenciennes
Activité tout d’abord : dans la partie frontalière belge du Hainaut, on note deux grandes tendances pour les six premiers mois de 2011. D’une part, les communes frontalières d’Ath, Tournai, Mouscron et Mons reculent toutes en termes d’activité et ce principalement durant le 1er trimestre 2011. D’autre part, les communes frontalières des arrondissements de Soignies, Thuin et Charleroi progressent. Ces progressions sont essentiellement enregistrées durant le 1er trimestre également. C’est l’arrondissement de Soignies qui témoigne de l’indice d’activité le plus élevé, avec 100,7 au 2ème trimestre 2011.
Prix ensuite : du côté belge, les prix médians dans la zone frontalière du Hainaut connaissent des fluctuations assez différentes selon les arrondissements. Dans ceux d’Ath et de Mons, les prix médians sont très stables au cours des derniers trimestres avec, pour une maison d’habitation, des valeurs de 140.000 euros dans la région d’Ath et 100.000 euros du côté de Mons.
Dans les arrondissements de Charleroi et de Mouscron, on assiste à des augmentations modérées des mêmes prix médians avec, sur l’ensemble des deux premiers trimestres de l’année, une progression de 4,5% dans les communes frontalières de Charleroi (115.000 euros) et de 5% dans celles de Mouscron (132.500 euros).
Les variations les plus importantes, côté belge, sont enregistrées dans les arrondissements de Soignies et de Virton, où les maisons d’habitation voient leur prix médian augmenter de respectivement 12% et 19% sur un semestre. Ces évolutions sont réparties uniformément entre le 1er et le 2ème trimestre 2011.
Le marché immobilier des appartements est quant à lui assez stable, tant dans la région frontalière de l’arrondissement de Charleroi (100.000 euros) que dans celle de Mons (115.000 euros).
Les régions frontalières côtières
La partie côtière belge frontalière avec son homologue française affiche, contrairement à ce qui se passe du côté hollandais, un bon maintien de son activité immobilière. Malgré le recul enregistré au 1er trimestre 2011 tant dans les communes frontalières des arrondissements de Furnes, Ostende et Dixmude, le niveau des transactions connu au 2ème trimestre permet d’enregistrer des indices d’activité semestriels supérieurs à ceux du 2ème semestre 2010. Mi- 2011, l’activité avait progressé de 9,8% à Furnes, de 6,3% à Dixmude et était stationnaire dans l’arrondissement d’Ostende, plus éloigné.
Côté prix, les maisons d’habitation du sud de la bande côtière belge affichent également des tendances positives rassurantes au cours du 2ème trimestre 2011. Les prix médians y rebondissent en moyenne de +10% dans les communes de l’arrondissement de Furnes (192.500 euros) après un recul de -4,9% au cours du 1er trimestre. Sur l’ensemble du 1er semestre, la progression avoisine les 5%.
« Pour les communes de l’arrondissement d’Ostende, le prix médian progresse aussi durant le second trimestre 2011 de 13,5% (185.000 euros). Mais nous ne disposons pas de comparaison avec le 4ème trimestre 2010 », précisent les notaires. C’est dans cet arrondissement qu’on enregistre d’ailleurs les prix médians les plus élevés.
Du côté du marché des appartements, les prix médians sont aussi en progression avec +6,4% durant le 1er semestre à Furnes et une tendance haussière dans les communes frontalières d’Ostende « pour lesquelles nous manquons cependant encore de chiffres », ajoutent les notaires, qui clôtureront dans le courant de février les moyennes annuelles 2011. Pour rappel, les actes correspondants aux compromis du dernier trimestre de l’année écoulée sont seulement en cours de finalisation pour l’instant.
Philippe Coulée
Retrouvez l’analyse complète de l’immobilier transfrontalier, ainsi qu’une étude sur le marché immobilier néerlandais, dans le magazine Trends-Tendances daté du 2 février 2012.












