Les bons comptes font les bons consultants chez BSCA
jeudi 15 octobre 2009 à 13h27

Les bons comptes font les bons consultants chez BSCA
Les confortables contrats accordés sans aucun appel d'offres aux «amis-consultants» de l'ex-patron de BSCA Marcel Buelens, contrats que nous évoquions dans nos colonnes en mai dernier, reviennent aux devants de la scène. Jusqu'ici, pourtant, nos inquiétudes répétées ne semblaient guère trouver écho auprès de la plupart des administrateurs de l'aéroport.
Si le contrat de consultance avec le mystérieux Ze'ev Peled, un ex-commandant de Tsahal propriétaire de MCI Aviation, a été annulé, on sait que le juriste Marc Perrin et le professeur à HEC-ULg et patron de BrainWin Philippe Van der Mersch (qui a fréquenté Marcel Buelens tant chez DHL que chez Air Hong Kong) continuent de dispenser leurs précieux conseils sur le tarmac carolo. C'est justement une facture de ce dernier qui a attiré l'attention de Jean-Jacques Cloquet, le patron ad interim de l'aéroport et alerté le conseil d'administration fin septembre. Si les administrateurs jouent désormais les vierges effarouchées, nos informations indiquent pourtant qu'ils étaient bien au courant de la convention. A plus de huit reprises, ils ont en effet assisté à un conseil en présence de Philippe Van der Mersch où tant les aspects contractuels que les aspects stratégiques de sa mission de consultance ont été abordés.
Mais que dit cette double convention d'expert ? En échange des services de consultance de Philippe Van der Mersch devant permettre à l'aéroport d'accroître ses recettes, sa rétribution financière s'articule sur deux volets. Le premier contrat, qui s'achève fin 2009, comprend une rémunération fixe. «Les honoraires variant entre 150.000 et 180.000 euros par an comme évoqué dans la presse sont in-exacts !, s'insurge le professeur. Je ne touche de BSCA que 2.950 euros par mois.» Mais ce sont surtout les termes du second contrat décrivant les contours d'une rémunération variable qui font dé-sordre. Concrètement, le professeur est censé toucher un montant représentant 2,4 % sur la différence du résultat opérationnel de l'aéroport d'une année à l'autre, du moins pour la période 2008-2011. Si certains, au sein de l'aéroport, évoquaient des honoraires entre un demi-million jusqu'à 2 millions d'euros, le principal intéressé a une autre lecture du variable. «Pour une prime de 1 million d'euros, il faudrait que le résultat opérationnel de l'aéroport passe de 2,5 à 50 millions d'euros en quatre ans», fustige-t-il. Pointons que si l'aéroport réalise les 12 millions de chiffre d'affaires à l'horizon 2011, comme évoqué dans le business plan , l'intéressement du consultant s'élèverait à un total de plus de 230.000 euros. Quant aux attaques évoquant l'absence d'appel d'offres, ce dernier met en doute que «pour un montant de 35.400 euros annuellement, il faille un telle procédure» (sic).
Pour l'heure, le cabinet d'avocats de l'aéroport, CMS DeBacker, effectue une analyse juridique approfondie afin de trouver une porte de sortie. Une réunion est déjà prévue début novembre entre le président ad interim , Dominique Hausman, et Philippe Van der Mersch.
Mais quels ont été les services rendus par BrainWin ? Cette société a fourni plusieurs cartes stratégiques ( dashboard , analytique...), censées aider au développement de l'aéroport de Charleroi. La méthodologie se base sur une sorte d'agrégation de plusieurs méthodes académiques comme des instruments de création de valeur, business plan , corporate performance management ... Parmi les objectifs définis : assurer au minimum un rendement du capital investi supérieur à 12 % pour les actionnaires ; augmenter le nombre de clients de 5 % par an et l'EBITDA moyen par client de 5 % par an ; sélectionner, former et retenir le meilleur capital de ressources humaines, etc. Tout en contribuant à un environnement «Green» et au développement économique et social de la région.
Pour certains membres de la direction, ces cartes ne sont pas d'un grand intérêt : «Cela ressemble à des travaux d'étudiants dont les développements sont tout bonnement simplistes», confie l'un d'entre eux. Mieux vaut tard que jamais pour s'en rendre compte...
Valéry Halloy
(Article publié dans le n° 42 du magazine Trends-Tendances, daté du 15 octobre 2009.)
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