BlackBerry prêt à jeter l'éponge

Christophe Charlot

mardi 13 août 2013 à 14h14

Mal en point, l’ex-gloire des téléphones intelligents met en place un comité spécial destiné à examiner « toutes les options stratégiques » qui s’offrent à elle. En ce compris la revente pure et simple.

Même se elle s’en défendait, BlackBerry jouait belle et bien son va-tout en début d’année lorsque la firme a lancé son nouveau système d’exploitation et ses nouveaux smartphones. Par voie de communiqué, le groupe, côté en Bourse à Toronto et au Nasdaq, reconnaît pour la première fois ouvertement sa situation délicate. Il vient, en effet, d’annoncer qu’il a créé un « comité spécial destiné à examiner les options stratégique » de la firme. Ce qui comprend toutes les pistes possibles, donc… Notamment « des possibles sociétés communes, des partenariats ou des alliances stratégiques, une vente de l’entreprise ou d’autres transactions possibles ».

C’est que BlackBerry, autrefois précurseur dans les téléphones intelligents, souffre : elle perd beaucoup d’argent, ses parts de marché sur le créneau juteux des smartphones fondent comme neige au soleil et son chiffre d’affaires ne cesse de diminuer également. Les ventes de ses nouveaux terminaux, qui devaient redonner un souffle à l’entreprise d’origine canadienne, déçoivent : à peine 2,7 millions de ces nouveaux appareils ont été vendus entre mars et mai 2013. Pire : BlackBerry continue de perdre des clients (en moyenne plus d’un million de clients en moins chaque mois). Pas franchement réjouissant. Et les cost-cuttings de 2012 (5.000 emplois) n’ont visiblement pas été suffisants.

Cela s’explique, bien sûr, par le succès d’Apple et de Samsung qui ont pris tout le marché. Mais aussi par une série d’erreurs stratégiques de l’entreprise canadienne elle-même. Longtemps attachée à son clavier physique, BlackBerry (ex-RIM) a raté le coche de l’écran tactile. Puis son système d’exploitation est longtemps resté à la traine : trop lourd et pas assez performant, face à ceux de la concurrence. Résultat, les cadres et dirigeants se sont progressivement détournés de leur ex-joujou fétiche et beaucoup lui ont préféré ceux de la concurrence. Même le Pentagone a rompu son contrat d’exclusivité avec BlackBerry.

Et s’il martelait jusqu’ici que son entreprise n’était pas à vendre, Thorsten Heins, le patron de BlackBerry, doit bien admettre aujourd’hui que cette possibilité est bel et bien envisagée.

Encore faut-il trouver un repreneur, bien sûr. A ce sujet, les spéculations vont bon train. Plusieurs noms ont été évoqués ces derniers mois. Parmi eux, Microsoft, Facebook, Google ou encore Lenovo. Ce dernier compte d’ailleurs parmi ceux qui, via l’un de ses hauts dirigeants, a ouvertement manifesté son intérêt pour BlackBerry, en mars 2013. Il faut dire que le spécialiste chinois du PC rêve de prendre véritablement pied sur le marché des smartphones (ses propres terminaux ne rencontrent pas un gros succès, même en Asie)… et qu’il s’y connaît en rachats. Pour devenir un acteur incontournable sur le créneau des ordinateurs portables, il s’est offert la branche ordinateurs d’IBM et a aussi craqué sur la marque allemande bon marché Medion.

En attendant, BlackBerry a précisé qu’elle ne ferait plus de commentaire tant que les processus stratégiques en cours n’auraient pas abouti. Et sa cotation boursière pourrait être suspendue très prochainement.

A lire également, dès ce jeudi 15 août, dans Trends-Tendances : « Les ambitions belges de Lenovo »

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