BASF signe l'arrêt de mort de son usine de Feluy
jeudi 22 octobre 2009 à 12h18

BASF signe l'arrêt de mort de son usine de Feluy
«BASF Anvers annonce son intention de fermer son usine de production d'anhydride maléique d'ici la fin de 2009 et de supprimer toutes les activités de BASF à Feluy», dévoile le groupe chimique dans un [communiqué]. Une information préalablement révélée par les syndicats FGTB et CNE, après que l'entreprise eut fait part de ses intentions lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire jeudi matin.
Une assemblée générale est prévue sous peu. BASF emploie 133 travailleurs dans son usine à Feluy (Seneffe), qui fait partie de BASF Anvers SA, précise-t-elle sur son [site Internet]. Ce site produit de l'anhydride maléique à raison de 115.000 tonnes par an. «La société Neochim (Spiga) produit de la glycérine et démarrera également une unité de biodiesel», avance encore le site Internet belge du groupe.
La raison de cette fermeture ? Des surcapacités conduisant à un affaiblissement des marges et les répercussions de la crise actuelle induisent un manque de rentabilité de l'activité anhydride maléique, argumente la maison mère dans son [communiqué en français]. Les mesures mises en œuvre ces dernières années dans l'optique d'optimiser la production à Feluy n'ont pas suffi à garantir une structure de coûts concurrentielle durable.
Au-delà de la crise, la production d'anhydride maléique connaîtrait depuis près d'un an une forte concurrence de producteurs bénéficiant «d'une structure de coûts plus favorable, a argumenté Wouter De Geest, administrateur délégué de BASF Anvers. Le secteur est confronté à une surcapacité structurelle sans aucune croissance de la demande. Depuis fin 2008, la demande a chuté de 30 %.» Les pertes du site se chiffreraient à «des dizaines de millions d'euros sur un an».
«La fin de nos activités de production d'anhydride maléique devrait nous aider à nous concentrer sur notre core business des produits intermédiaires et sur les chaînes de valeur intégrées tant du butanediol et de ses dérivés que des polyalcools», a souligné de son côté Tom Witzel, Group Vice President Diols & Polyalcohols Europe de la division Intermediates de BASF, cité dans le communiqué.
L'anhydride maléique est essentiellement utilisé lors de la production de résines de polyester insaturé qui servent de matériaux composites pour la construction navale, immobilière et automobile, précise BASF. L'AM fait également office de matière première pour la fabrication d'additifs d'huile de lubrification, de produits chimiques pour le papier et de lessives.
En mars dernier, Wouter De Geest, administrateur délégué de BASF Anvers, [excluait pourtant tout pessimisme en matière d'emploi] lors de la conférence de presse annuelle : «Nous voulons, comme nous l'avons fait au cours des mois écoulés via le reclassement et la solidarité internes, réagir rapidement, éviter le chômage temporaire, même si nous devons continuer à tourner avec des capacités réduites.»
Problème : «En dépit de tous les efforts pour réduire le coût salarial brut du travail en équipe, nous continuons à accuser un handicap de coûts salariaux de 27 % par rapport à la chimie allemande.»
Côté résultat, la pression était devenue tout aussi forte : BASF Anvers avait «encore augmenté son chiffre d'affaires de 13,5 % au cours de l'exercice écoulé, qui a été clôturé à 6,3 milliards d'euros. Cette évolution positive a été réalisée grâce aux trois bons premiers trimestres de 2008. C'est surtout la hausse des prix de vente qui y a contribué.»
Problème : «Au quatrième trimestre, la demande s'est effondrée, ce qui a entraîné des arrêts et des réductions de capacité parfois radicales. En raison de ce net recul de la demande et de l'augmentation des coûts d'exploitation (prix des matières premières plus élevés, amortissements supérieurs, hausse des frais de personnel et de services), le résultat opérationnel de l'entreprise a chuté à 152 millions d'euros. L'augmentation des intérêts, provoquée par le niveau des taux et par l'augmentation des moyens extérieurs, a grevé le résultat financier. Le résultat après impôt s'élevait donc à - 325 millions d'euros.»
Alors que la direction de BASF Anvers justifie sa décision par des surcapacités de production engendrant une baisse de la marge bénéficiaire ainsi que par un manque de rentabilité du à la crise actuelle, les travailleurs eux, «se sentent trahis», dénonce le SETCa dans un [communiqué].
«En effet, cette mesure draconienne semblerait être le fruit de quelque arrangement (projet d'implantation d'une nouvelle usine en Allemagne en 2011) ou d'une stratégie prévue de longue date (aucun investissement n'a été réalisé depuis un bon moment sur le site de Feluy en dehors des activités de Neochim - biodiesel - laquelle est totalement dépendante de manière énergétique du site de Feluy... la mort de l'un annonçant celle de l'autre).»
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