Accord nucléaire : la SPE dénonce, Essent espère, Nuon regrette
vendredi 23 octobre 2009 à 12h12

Accord nucléaire : la SPE dénonce, Essent espère, Nuon regrette
La contribution qui devra être payée l'an prochain à l'Etat par les producteurs d'électricité nucléaire ne mécontente pas que le géant GDF Suez/Electrabel : elle énerve également les plus petits concurrents, tels que SPE Luminus.
Luc Sterckx, son CEO, a souligné vendredi dans De Morgen qu'il n'avait encore rien signé, même si Paul Magnette, ministre de l'Energie, confirme que tous contribueront : «Je constate avec vous que ma signature ne figure pas sous ce contrat, a observé Luc Sterckx, évoquant le protocole d'accord intervenu entre l'Etat belge et GDF Suez. Cet accord ne nous a pas été présenté et n'a donc pas reçu notre approbation. Nous avons dit clairement au gouvernement que notre situation était quelque peu différente de celle du leader du marché !»
Le CEO rappelle que SPE Luminus a déjà dû payer Electrabel pour pouvoir reprendre une partie du marché et que cet investissement n'est pas encore amorti. «Mais je suppose que nous en discuterons avec le gouvernement dans un futur proche...», note-t-il.
La contribution sera bien répartie entre les divers acteurs du marché, confirme-t-on au cabinet Magnette : «Il y a bien eu un contact avec SPE Luminus et ils savent qu'ils devront eux aussi apporter une contribution en rapport à leur part de marché !»
Pour Essent, autre acteur relativement modeste du marché énergétique belge, le débat sur la prolongation des centrales nucléaires constitue une occasion de mettre en marche la libéralisation du marché en Belgique, a indiqué Erwin Van Laethem, administrateur délégué d'Essent, au cours d'un point presse.
En Belgique, cette libéralisation est un échec puisqu'«en 10 ans, seuls 10 % du marché sont aux mains de nouveaux acteurs», a-t-il dénoncé, plaidant pour que les capacités de production soient elles aussi libéralisées. Et de citer l'exemple des Pays-Bas, où la production est libéralisée et où quatre acteurs de même importance sont présents. «Chaque année, un Néerlandais sur huit change de fournisseur, contre seulement un Belge sur vingt !»
Essent souhaite par ailleurs faire entendre sa voix dans le débat avec le gouvernement : «Il faut impliquer de nouveaux acteurs offrant de nouvelles perspectives. A l'heure actuelle, il ne s'agit que de discussions bilatérales.»
Le gouvernement a raté une occasion d'encourager la concurrence sur le marché de l'électricité, estime quant à lui le groupe Nuon, à la suite du protocole d'accord partiel entre le gouvernement et GDF Suez. Des accords qui «bétonnent» à court et moyen terme les relations existantes sur le marché de l'énergie, dénonce le fournisseur.
«Si les contributions financières de GDF Suez alimentent les caisses de l'Etat, nous aurions également souhaité obtenir des concessions substantielles et contraignantes afin de redresser un marché bancal», a argumenté Roberte Kesteman, PDG de Nuon Belgium. L'entreprise pense notamment à une mise aux enchères de l'électricité nucléaire afin de donner à tous les fournisseurs les mêmes chances.
Par ailleurs, les accords relatifs aux investissements dans les énergies renouvelables semblent avoir été revus à la baisse en dernière minute, déplore Nuon : «Electrabel s'engage à injecter 250 millions d'euros dans ces énergies, alors que, pour atteindre le quota gouvernemental en matière d'électricité verte (et donc éviter des amendes), il devra réaliser des investissements tout aussi importants dans les énergies renouvelables au cours des prochaines années.»
Le troisième fournisseur du pays enfonce le clou : «Nous sommes en pleine période de transition vers plus d'énergie durale. Il est donc nécessaire d'investir davantage dans les énergies alternatives. C'est aussi comme cela que nous concevons un avenir durable. Avec notre nouvel actionnaire suédois Vattenfall, nous visons un fonctionnement neutre en énergie d'ici 2050.»
Trends.be, avec Belga
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