UBS est le meilleur banquier privé de Belgique

jeudi 15 mars 2012 à 11h46

Le MoneyTalk Private Banking Award 2011 a été décerné au gestionnaire suisse UBS Belgium, qui a coiffé au poteau son concurrent néerlandais ING. Les atouts des meilleurs gestionnaires de patrimoine sont un modèle d'entreprise clair, une bonne gestion des risques et de solides relations avec le client.

© Bloomberg

Au terme d’une évaluation détaillée, notre jury indépendant a remis la à UBS Belgium, filiale du groupe suisse du même nom. Son concurrent néerlandais ING décroche une enviable deuxième place. Suivent Degroof, KBC et BNP Paribas Fortis.
 
« Nous avons tiré les leçons de la crise financière et des scandales à la fraude », déclare Marcel Bruehwiler, le nouveau CEO d’UBS Belgium. « UBS a renforcé ses mécanismes de contrôle et adapté ses activités de banque d’investissement à la gestion de patrimoine. Pour cela, nous avons installé dans 57 pays une représentation solide, capable de prendre en compte les spécificités de la population locale. La stratégie porte ses fruits : l’an dernier, le groupe a enregistré un bénéfice net de 4,2 milliards, sur un portefeuille total de 1460 milliards de francs suisses. »
 
Fin 2012, UBS célébrera un double anniversaire : ses 150 ans d’existence dans le monde et ses 10 ans de présence en Belgique.
 

Qualité en hausse

 
Globalement, la qualité des réponses à notre questionnaire dépasse nettement celle d’il y a deux ans. Les gestionnaires de patrimoine ont compris qu'ils avaient une réputation à soigner. Depuis le krach boursier de la fin 2008, le secteur financier souffre toujours d’une crise de la confiance du public. Celui qui communique ouvertement avec ses clients gagne du terrain. Le score relativement élevé d’un acteur de niche comme la Banque Transatlantique, qui cible les familles françaises installées en Belgique, confirme l’importance de la transparence.
 
« Devant la qualité des réponses, le jury a eu une tâche plus difficile qu’il y a deux ans », confirme Bart Lammens (ex-Degroof et ex-Merit), directeur général de l’Autonoom Gemeentebedrijf voor de Ontwikkeling van Sint-Truiden (AGOST). « Nous avons affaire à des gestionnaires de patrimoine professionnels, disposant de bons mécanismes de contrôle et de procédures de sélection efficaces, visant à garantir un service de qualité. Aujourd’hui, la directive européenne sur les placements (MiFID) est entrée dans les mœurs. On ne pouvait en dire autant la dernière fois. Si son caractère plus rigoureux annoncé est encore perçu comme une menace, cela ne devrait pas durer. À terme, la réglementation est bénéfique pour la transparence et la confiance dans le private banker », précise-t-il.
 
« Nous avons surtout été frappés par cette volonté croissante de maîtriser les risques », intervient Jan Annaert, professeur d’analyse des placements à l’Universiteit van Antwerpen (UA), « même si j’ai parfois l’impression que cette tâche est un peu trop vite refilée à l'échelon groupe. La présence du régulateur se fait clairement sentir. On constate aussi des progrès dans la mesure et la présentation des performances. Il y a deux ans, les gestionnaires de patrimoine se contentaient de comparer des indices ; ils ont à présent recours à de vraies analyses. KBC et UBS vont même jusqu’à utiliser ces instruments de manière proactive : le client sait d’avance quel sera l'impact de telle ou telle décision sur ses placements. Un point positif chez Degroof : la rémunération du chargé de relation n’est aucunement liée à la performance du portefeuille. »
 

Trop peu de transparence

 
« La transparence est au cœur de toute gestion patrimoniale qui se respecte », affirme Denis Caprasse, Associate Partner de Risk Dynamics. « L’information que les banquiers privés communiquent à leurs clients peut s’améliorer, même si ce n’est pas particulier à la Belgique. Dans toute l’Union européenne, le profil client n’est pas établi avec un sérieux suffisant. Sans compter que les sociétés d’investissement utilisent les données des clients sans aucune vérification de leur authenticité », ajoute-t-il. De la sorte, bien des investisseurs se voient proposer des produits financiers qui ne correspondent pas à leur profil et dont ils n’ont que faire.
 
Par ailleurs, le garant méthodologique du MoneyTalk Private Banking Award se dit étonné du manque d’information sur les primes que les gestionnaires reçoivent de tiers (inducements, dans le jargon) pour le placement de certains produits à leurs clients. Denis Caprasse précise : « A l’exception de Van Lanschot, aucun gestionnaire ne reverse automatiquement les provisions au client. La restitution des ‘rétrocessions’ ne semble être la règle que pour les fonds de fonds. BNPP Fortis avoue ne communiquer des informations détaillées que via le service de médiation, pour éviter les conflits d’intérêts. Les autres font semblant de rien, sauf si le client en fait explicitement la demande. Alors que le code des bonnes pratiques – approuvé le 19 avril 2010 par l’ESMA, l’organe de surveillance européen – précise que l’intérêt du client doit primer. »
 
« Les différences de score ne sont pas très marquées », nuance Stefan Duchateau, professeur de gestion des risques, technique financière et gestion de portefeuille à la HUBrussel et à la KULeuven. « Cela signifie indirectement que les gestionnaires de patrimoine adoptent des méthodologies qui se ressemblent. D’ailleurs, ils ont tous réagi de la même façon à la débâcle financière de la fin 2008 : tendance à l’individualisation et volonté de mieux présenter les risques. Personnellement, je ne trouve pas que la profondeur de l’analyse en ait bénéficié. L’accent mis sur la relation personnelle avec le client fait passer au second plan les aspects techniques de la gestion du portefeuille. Souvent, les rapports de risque se limitent à quelques graphiques sans grand intérêt, même si l’on observe ici et là des tentatives louables de procéder à une approche analytique solide », conclut-il.
 
Eric Pompen, MoneyTalk

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