Qui est vraiment Georges Ugeux ?
mercredi 03 décembre 2008 à 16h10

Qui est vraiment Georges Ugeux ?
Présenté par Deminor pour reprendre la présidence de Fortis, Georges Ugeux n'est pas un inconnu pour Etienne Davignon à qui il s'opposait pourtant. En effet, l'ex-N°2 de la banque de New York a commencé sa carrière au sein de la Société Générale de Belgique dont il deviendra, plus tard, le directeur financier sous les ordres d'Etienne Davignon. Alors que les actionnaires de Fortis ont rejeté, hier, la candidature du Vicomte Davignon, Geroges Ugeux se profile désormais comme l'un des candidats les plus sérieux à ce poste. Retour sur le parcours de ce financier belge de haut vol.
Diplômé de Louvain en droit et en économie, deux disciplines qu'il a poursuivie en même temps, l'homme doit à son professeur Alexandre Lamfalussy son orientation dans la finance alors qu'il aurait pu devenir juriste. «Il m'a ouvert les yeux sur l'infinie complexité de la banque et m'a inspiré pour m'orienter vers la finance au moment où j'hésitais encore avec le droit» confiait-il récemment à Références.be.
Ses premiers pas professionnels, il les a réalisés à la Société Générale de Banque en 1970 où il passera une quinzaine d'années. Il deviendra, d'ailleurs, le responsable de la branche «corporate and investment banking». Mais convaincu de l'importance d'une carrière internationale à l'heure où les marchés allaient connaître une plus grande mondialisation, il quitte la Belgique pour rejoindre, en 1985, Morgan Stanley à Londres. Il y devient directeur du département «fusions et acquisitions». Un choix décisif puisqu'il lui offrira, plus tard, un tremplin vers les Etats-Unis et vers New York.
Mais avant cela, en 1988, après la fameuse OPA sur la Générale de Belgique et la reprise par Suez, Georges Ugeux revient en Belgique pour prendre en charge le poste de directeur financier de la Générale de Belgique alors présidée par Etienne Davignon. Il y réalise la fusion -brillante mais très contestée- des Acec avec Union Minière. A l'époque on le pressent parmi les candidats potentiels à la direction de la Générale de Banque. Mais, il se murmure qu'en raison du manque de soutien de... Maurice Lippens et d'Etienne Davignon, Geroges Ugeux passe à côté de cette occasion. En 1992, probablement déçu, il quitte une nouvelle fois le plat pays pour Londres. Il endosse les titres de managing director et président de Kidder, Peabody Europe, un banquier d'affaires américain.
Par la suite, Georges Ugeux se voit proposer un poste au sein de la Banque européenne d'investissement dont il dirigera, un an durant, le Fond européen d'investissement. En même temps, il préside la commission d'évaluation des actifs de l'Etat. C'est à ce titre qu'au milieu des années 90, il travaille avec Philippe Maystadt et Elio Di Rupo à la privatisation de la RTT qui devient Belgacom. Son «meilleur souvenir et une fierté particulière» pour Gorges Ugeux.
Ensuite, il s'envole dès 1996 pour New York puisqu'il obtient le poste de Vice-Président de NYSE, la Bourse de New York. Il y dirige l'International Group et participera, 7 années durant, à l'internationalisation de la Bourse de New York. Elle lui doit l'introduction de plus de 300 entreprises non-américaines évaluées à ... 2.700 milliards de dollars ! En 2003, il démissionne toutefois de NYSE quelques temps à peine après le départ de Richard Grasso, patron de NYSE, suite aux révélations concernant de plantureux émoluments. Sans cause à effet soutiendra Georges Ugeux dont le salaire annuel s'élevait à $ 500.000, majoré en 2002 d'un bonus de $ 950.000. A cette époque, il décide de créer sa propre société de consultance baptisée Galileo Global Advisors dont le siège se trouve à New York. Parmi les clients de GGA, on retrouve des sociétés internationales telles que Suez, l'indien TATA, la Deutsche Börse Group ou encore... Fortis, dont il brigue aujourd'hui la présidence, avec le soutien de Deminor.
Côté jardin, George Ugeux nourrit une passion dévorante pour la musique et le chant. Depuis son plus jeune âge, il joue au piano et a découvert le chant à la fin des années 80 lorsqu'il devient directeur financier à la Société Générale de Belgique. Ce qui l'a d'ailleurs amené au Conservatoire de Bruxelles et... dans des églises, au sein de différentes chorales. Cette passion, il a continué à l'entretenir aux Etats-Unis. Il a, en effet, rejoint des chorales et, lors de ses voyages professionnels a toujours veillé à emmener partitions et CD pour ne pas perdre le rythme des répétitions. Georges Ugeux a par ailleurs participé à de plusieurs concerts qui l'ont mené jusqu'au prestigieux Carnegie Hall de New York...
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