Acceptez le risque au lieu de l'éviter

06/02/15 à 16:17 - Mise à jour à 16:30

Source: Trends-Tendances

Aucun investisseur ne peut éviter le risque. Même en plaçant tous ses deniers sur un compte d'épargne.

Acceptez le risque au lieu de l'éviter

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Peu d'investisseurs aiment le risque. Rien que l'idée qu'ils puissent perdre une partie de leurs économies suffit pour qu'ils parquent tout sur un compte d'épargne considéré comme sûr. Mais ceux qui choisissent le compte d'épargne pour se constituer un patrimoine courent un risque eux aussi. L'attention actuelle des investisseurs se focalise surtout sur la forme de risque la plus médiatisée, la volatilité. Dans la perception de nombreux investisseurs, les montagnes russes que font les cours des actions sont le visage même du risque -- chose qu'ils veulent à tout prix éviter. Mais la volatilité n'est que l'une des formes de risque dont l'investisseur/épargnant doit tenir compte.

D'accord, ceux qui se constituent une pension à l'aide d'un compte d'épargne n'ont que peu de risque de perdre leur capital. L'Etat belge protège les dépôts d'épargne et à terme jusqu'à 100.000 euros par personne et par banque. Si la banque fait faillite, vous êtes donc en principe protégé. En outre, vous ne craignez rien de la volatilité : les hauts et les bas de la Bourse n'ont pas d'influence sur votre épargne. Vous avez gratuitement accès à votre argent, toujours et partout.

Gare à l'inflation

L'épargnant court en fait d'autres risques : l'inflation est un danger rampant et particulièrement destructeur pour l'épargne. En effet, la hausse des prix grève le pouvoir d'achat de votre argent. Si le rendement du compte d'épargne n'est pas suffisant pour compenser l'inflation, la valeur de vos avoirs diminue en termes de pouvoir d'achat. Durant la période de 1928 à 2013, le cash a rapporté aux Etats-Unis -- où les données historiques sont les plus complètes -- juste assez pour compenser l'inflation. Mais durant les 10 dernières années, le rendement annuel des liquidités n'a été que de 1,5 %, alors qu'au cours de la même période, l'inflation grignotait environ 2,4 % en moyenne annuelle. En 10 ans, les épargnants y ont perdu 10 % de leur pouvoir d'achat.

En outre, vu les très faibles rendements sur les comptes d'épargne, vous courez le risque de ne pas pouvoir réunir pendant votre carrière professionnelle un capital suffisant pour compléter votre pension légale plus tard.

Vues sur le long terme, les actions -- et dans une moindre mesure les obligations -- sont bien plus rentables que de l'argent liquide placé sur un compte d'épargne. Selon les données de la NYU Stern School of Business, le cash a rapporté, dans la période 1928-2013, une moyenne de 3,5 % par an. Dans la même période, les obligations ont rapporté en moyenne 4,9 % par an et les actions, même 9,6 % par an. Les 10 dernières années, les rendements ont atteint, respectivement, 1,5 % pour le cash, 4,3 % pour les obligations et 7,3 % pour les actions. Sur une longue période, le coût d'opportunité d'un non-placement en obligations et actions est particulièrement élevé. Sur la base des rendements des 10 dernières années, un montant de 25.000 euros placé sur un compte d'épargne passe à 33.670 euros au bout de 20 ans. S'il est placé à parts égales en obligations et en actions, il passe en 20 ans à 77.200 euros, soit plus du double du produit de l'épargne.

Compléter un compte d'épargne par des obligations ne sert pas à grand-chose. Les obligations offrent aux investisseurs des coupons fixes et la garantie que l'émetteur de l'obligation remboursera le capital à l'échéance. Cette certitude a pour effet que les cours des obligations sont bien moins sujets à variation que ceux des actions. Même si leur historique montre qu'elles ont rapporté davantage qu'un compte d'épargne ordinaire, les obligations ne sont pas une alternative étanche aux actions. L'émetteur peut faire faillite, provoquant la perte d'une partie du capital.

En outre, le cours des obligations baisse lorsque les taux augmentent. De même, les obligations ne sont pas toujours liquides : parfois, il n'est pas simple de les vendre et l'investisseur doit les céder en dessous de leur prix d'achat.

La règle d'or : la combinaison

En résumé, vous ne pouvez éliminer le risque d'aucune manière. Il est inhérent à la vie et la meilleure attitude que l'investisseur puisse adopter n'est pas de l'éviter mais de l'accepter. Si vous connaissez les risques liés à chaque placement, vous pouvez les maîtriser par une combinaison d'investissements. Historiquement, les actions rapportent le plus mais sont aussi les plus risquées. Vous avez besoin d'actions pour faire croître votre patrimoine. En les associant à des obligations, vous vous créez un pare-chocs qui, par mauvais temps, pourra absorber les grands écarts des cours des actions. Placez des liquidités sur un compte d'épargne pour les dépenses planifiées dans un futur proche et comme réserve pour des imprévus. La règle d'or veut que vous mettiez sur un compte d'épargne l'équivalent de six à huit mois de dépenses fixes. Si vous dépensez, par exemple, 2.000 euros par mois, gardez 12.000 à 16.000 euros sur votre compte.

La part que vous allez placer respectivement en actions et en obligations dépend de votre attitude par rapport au risque. Plus la part d'actions est grande, plus votre portefeuille sera rentable à long terme, mais plus vous vous exposez au risque. Si vous êtes encore loin de votre pension, vous pouvez prendre plus d'actions en portefeuille. Pendant cette longue période, l'inflation fera son oeuvre et vous aurez besoin de la croissance qu'apportent les actions. Une règle pratique consiste à placer votre âge en obligations : à 30 ans, investissez 30 % de votre capital en obligations et 70 % en actions. A 70 ans, faites l'inverse. Mais même si vous êtes à la pension, vous avez intérêt à conserver des actions. Votre patrimoine doit encore durer longtemps.

Le choix des actions et des obligations est une question de connaissances et de préférences. Placer en actions et obligations individuelles demande des connaissances et du temps. Vous courez en outre le risque d'être insuffisamment diversifié. Vingt actions ne suffisent pas. Les investisseurs au capital restreint peuvent se constituer un portefeuille diversifié à peu de frais via les fonds de placement et les trackers.

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